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RDC : quand pouvoir et opposition se donnent une seconde chance — la chronologie de 60 jours de crise

  • Photo du rédacteur: La Rédaction
    La Rédaction
  • 17 août
  • 3 min de lecture

Kinshasa, 17 août 2026. Du jamais-vu dans l'histoire politique congolaise. Pouvoir et opposition semblent, pour la première fois, méthodiquement décidés à se donner une seconde chance de bien paraître. Mais cette « seconde chance » s'écrit en 60 jours d'un bras de fer où la rue, la médiation religieuse et l'ultimatum se sont succédé sans jamais faire basculer le pays dans l'affrontement total.


ouvoir et opposition semblent, pour la première fois, méthodiquement décidés à se donner une seconde chance de bien paraître. Mais cette « seconde chance » s'écrit en 60 jours d'un bras de fer où la rue, la médiation religieuse et l'ultimatum se sont succédé sans jamais faire basculer le pays dans l'affrontement total.
Félix Tshisekedi et Martin Fayulu lors d'une rencontre à la Présidence de la RDC, le 5 Juin 2025

Juin : la marche qui marque le coup d'envoi


Tout commence par la rue. La Coalition Article 64 (C64) — Martin Fayulu (ECIDé), Moïse Katumbi (Ensemble), Matata Ponyo, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, alliés à des figures citoyennes — lance officiellement sa plateforme le 19 mai pour verrouiller les articles 220 et 70 de la Constitution, que le camp présidentiel voudrait contourner.


Le 12 juin, son sit-in devant le Palais de la Nation est dispersé par les forces de sécurité. Bilan officiel : 20 blessés, et le gouvernement provincial dément tout décès . La coalition C64 riposte et annonce une nouvelle marche pour le 8 juillet.


Juillet : la médiation des Églises fait reculer la rue


Le 17 juillet, Félix Tshisekedi reçoit la CENCO et l'ECC, investies d'une mission de facilitation. Le lendemain, les deux Églises demandent officiellement à la C64 de reporter la marche du 22 juillet. Argument : un processus de concertation vient d'être lancé, le maintenir compromettrait la décrispation. L'opposition exige des garanties. Faute d'engagements fermes, elle reporte la marche — mais pose un ultimatum au 15 août.


De son côté, le pouvoir joue l'apaisement par petits gestes : passeports restitués à certains opposants, et surtout renvoi au Parlement d'une nouvelle délibération du texte référendaire. Une lecture s'impose : ces gestes visent à donner des gages à la médiation sans jamais lâcher le fond du dossier. Aussi Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, coupe-t-il court le 28 juillet : l'agenda présidentiel ne « répond à aucune forme d'ultimatum ». Le message au camp adverse est clair : on peut discuter, mais on ne négocie pas sous la menace.


Le 15 août : l'ultimatum expire, la rue se réarme


Le jour venu, le jugement de la C64 tombe : les avancées sont insuffisantes. Le renvoi du texte au Parlement, argumente-t-elle, n'est ni un retrait ni une renonciation au changement de Constitution — c'est un simple changement de procédure, pas un changement de fond. Sur ce constat, la coalition relance la mobilisation et annonce une marche « pacifique » le 15 septembre, avec convergence vers le Palais du Peuple.


Le point de Tshisekedi au Gabon


Le 16 août, à Libreville, Tshisekedi reçoit la diaspora congolaise — un rendez-vous qui n'est pas fortuit : la diaspora est à la fois un électorat stratégique et une caisse de résonance de premier plan pour les réformes.


Il maintient son projet : « Ce dialogue sera différent de tous les dialogues qu'a connus ce pays », avant d'annoncer une prochaine adresse à la Nation pour en préciser les contours. Et il martèle sa ligne : on ne dirige pas la RDC « dans la division » mais « dans la cohésion ». Derrière le ton conciliant, c'est un refus poli de l'ultimatum qu'il réitère : la concertation se fera à son agenda, pas à celui de la C64.


Ce que dit cette « seconde chance »


Ni majorité ni opposition ne gagneraient une crise incontrôlée — les deux camps l'ont compris. Le pouvoir recule par gestes sans lâcher la réforme, et l'opposition, elle, suspend la rue en juillet (sous médiation), puis la réarme en septembre (par ultimatum) : elle garde la pression sans verser dans l'affrontement.


C'est toute la nouveauté : plus personne ne cherche l'escalade à tout prix, mais personne ne veut non plus être le premier à baisser les bras. Le vrai enjeu n'est donc plus qui gagnera, mais qui transformera cette trêve en contrat politique durable avant le 15 septembre — date à laquelle la rue pourrait bien reprendre la main.


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