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Scandales qui ont secoué les églises évangéliques francophones depuis 2020 — TOP 10

Photo du rédacteur: La Rédaction
La Rédaction
30 sept.
7 min de lecture

Depuis dix ans, les églises évangéliques et les églises de réveil grandissent vite à Kinshasa, Abidjan, Yaoundé, en Île-de-France et à Montréal. Elles offrent aux fidèles une communauté, un soutien et de l'espoir. Cette croissance a aussi un revers : l'autorité spirituelle s'exerce souvent sans contrôle, l'argent circule en espèces ou par virement sans vérification, et les victimes ont peur de parler. Voici 10 affaires sexuelles ou financières documentées par la presse. Certaines ont abouti à une condamnation, d'autres à un non-lieu ou à une relaxe. Nous indiquons à chaque fois où en est la justice.


Ces dix affaires ont des points communs : un pasteur qui concentre tous les pouvoirs, des dons sans contrôle, des victimes jeunes ou fragiles, et une communauté qui préfère se taire. Les cas Axel Levi et Mike Kalambay montrent aussi que les réseaux sociaux lancent désormais les scandales plus vite que les tribunaux. Il faut donc bien distinguer une rumeur, un aveu, une enquête et une condamnation.
Les pasteurs Axel Levi, Paul Mukendi & David Storm dont les noms circulent dans des scandales qui ont secoué les églises évangéliques francophones

1. Paul Mukendi (Québec / RDC) : condamné au Canada, réfugié à Kinshasa


Né à Lubumbashi en 1977, Paul Mukendi dirigeait le Centre évangélique Parole de Vie à Québec. En février 2020, il est condamné à 8 ans de prison pour agressions sexuelles et physiques sur une adolescente. En juillet 2021, il est également condamné pour fraude fiscale. En août 2021, la Cour d'appel du Québec rejette son appel. Le même mois, il quitte le Canada pour la RDC, où il continue de prêcher. En décembre 2021, un second procès le reconnaît coupable d'une autre agression sexuelle. Son parcours montre comment un pasteur peut échapper à la justice en changeant de continent.


2. Axel Levi et l'Église MFD (France) : la chute d'une étoile montante du gospel


C'est l'affaire la plus récente de ce classement. Le 27 septembre 2026, l'apôtre Axel Levi et la pasteure Laurine Levi, fondateurs de l'Église Mission Faiseur de Disciples (MFD), sont suspendus. Le lendemain, un communiqué officiel annonce leur destitution de « toutes leurs fonctions ministérielles » pour des « faits très graves », sans les détailler. Dans une lettre ouverte, Axel Levi reconnaît l'adultère et des relations sexuelles avec des femmes de son église et hors de son église, qu'il présente comme consenties. Il nie toute contrainte. Des accusations d'abus circulent sur les réseaux sociaux, mais aucune procédure judiciaire n'a été rendue publique à ce jour. Laurine Levi a demandé pardon publiquement le 29 septembre. De nouveaux pasteurs dirigent désormais les assemblées MFD.


Du côté de Laurine Levi, la situation est plus floue. Elle a été destituée en même temps que son mari, le communiqué de l'Église évoquant des « faits très graves » au pluriel et visant explicitement les deux époux. Une vidéo circule toutefois dans laquelle on la voit à genoux, en pleurs, demandant pardon aux fidèles et reconnaissant avoir « failli » à son rôle de pasteure :


« J'étais censée être un exemple, une bonne bergère et par mes actions je ne l'ai pas forcément été tout le temps. »

Des rumeurs d'infidélité la concernant circulent sur les réseaux sociaux, mais aucun document officiel ne les reprend, et des allégations de violences conjugales dont elle aurait été victime n'ont pas non plus été confirmées par une source officielle.


Sur le versant des collaborateurs, une ancienne responsable de la communication de MFD, prénommée Naomie, témoigne : elle dit avoir observé à partir de l'été 2024 les relations extraconjugales du pasteur, puis avoir « fait tomber le château de cartes » en août. Elle affirme que ces femmes, bien que consentantes, ont pu subir manipulation et abus de pouvoir — une lecture que le droit ne retient pas automatiquement.


Trois jours après Axel et Laurine Levi, l'Église MFD a annoncé le mardi 29 septembre 2026 le retrait de la prophétesse Déborah Valetudie, responsable de l'antenne MFD Montréal, « destituée de toutes ses fonctions ministérielles avec effet immédiat ». Le communiqué parle, comme pour les époux Levi, de « fautes très graves » — sans préciser lesquelles : ni abus sexuel, ni abus spirituel, ni détournement d'argent n'y sont mentionnés. Cette troisième destitution en une semaine, sur deux continents, a nourri une question qui tourne sur les réseaux sociaux : « Qui était au courant et qui n'a pas parlé ? »


3. Charles Bameko (Pantin, France) : 2 millions d'euros de dons détournés


Charles Bameko dirige l'église Bonne Semence Transmise (Bostra) à Pantin. Sa chaîne YouTube compte environ 205 000 abonnés. Pendant des années, ses prêches diffusés en ligne affichaient un RIB et appelaient aux dons pour des orphelinats, des écoles et des hôpitaux en Afrique. Selon l'accusation, plus de 2 millions d'euros ont en réalité été répartis entre ses comptes personnels, professionnels et associatifs. C'est Tracfin, la cellule anti-blanchiment, qui a alerté la justice. Le 18 janvier 2024, le tribunal de Créteil le condamne à 3 ans de prison. Sa compagne est condamnée pour recel.


4. L'église ACER (France) : soupçons de dérives sectaires


L'ACER (Assemblée Chrétienne pour l'Évangélisation et le Réveil), fondée par l'apôtre Alain Patrick Tsengue, est implantée dans toute la France et revendique environ 2 000 fidèles. En 2023, elle fait l'objet d'une vingtaine de signalements à la Miviludes, l'organisme public de lutte contre les dérives sectaires. D'anciens fidèles parlent d'isolement, de jeûnes imposés, de fortes pressions financières et de ruptures familiales. Certains avaient été recrutés alors qu'ils étaient mineurs. Le parquet de Bobigny ouvre une enquête préliminaire, que franceinfo décrit comme portant sur des faits d'« abus de faiblesse ». L'église dément et qualifie ces accusations de « sans fondement ». Aucun jugement n'a été rendu à ce jour.


5. Moïse Mbiye (Kinshasa) : une affaire qui a divisé la RDC, classée sans suite


En janvier 2020, des images intimes attribuées à Moïse Mbiye, pasteur de la Cité Bethel et chanteur gospel très populaire, circulent sur les réseaux sociaux. Une jeune femme, Eliane Bafeno, l'accuse de viol, d'avortement et de menaces. Il est convoqué par la justice le 3 février 2020 et reste libre pendant l'instruction. Il appelle ses fidèles au calme. Le 30 septembre 2020, l'affaire est classée sans suite. Aucune condamnation n'a donc été prononcée. Le débat a pourtant durablement marqué le milieu gospel congolais.


Scandales qui ont secoué les églises évangéliques francophones depuis 2020 — TOP 10.

6. Mike Kalambay (Kinshasa) : un scandale intime qui ressurgit en 2026


En mars 2022, des contenus intimes et des échanges privés entre le pasteur et chantre Mike Kalambay et la chanteuse Zawadi Ntamwenge sont diffusés sur les réseaux sociaux. L'affaire secoue tout le gospel congolais. Mike Kalambay, dont l'état de santé inquiète alors, renonce à son rôle d'ambassadeur de Maajabu Gospel, qui avait déjà préparé la rupture de son contrat. En août 2026, la polémique revient. Son second mariage est annoncé pour le 30 octobre 2026, et Zawadi Ntamwenge lui demande publiquement un test ADN pour établir la paternité d'un enfant. Il s'agit d'une affaire morale et médiatique : aucune procédure judiciaire n'est connue à ce jour.


7. Dieunedort Kamdem (Cameroun / Côte d'Ivoire) : l'affaire Gesem


Dès 2015, Le Monde décrit l'empire du fondateur de la Cathédrale de la Foi à Yaoundé, organisé autour de la holding Kanodi Ministry Communication. En 2018, son nom est associé à Gesem Groupe, une société de placement d'argent accusée d'escroquerie. Il a quitté le Cameroun en 2017 et y est recherché pour « escroquerie aggravée ». En novembre 2019, la justice ivoirienne le déclare « non coupable », estimant qu'il a lui-même été victime de Gesem. Il est depuis revenu au Cameroun. L'affaire a donc été très médiatisée, mais elle s'est terminée par une relaxe.


8. Guy John Imani Kasongo (Québec) : le « père spirituel » condamné


Guy John Imani Kasongo, 48 ans, prêchait depuis près d'un an à l'Église universelle de Jésus-Christ à Québec. Il est arrêté en juin 2025 après la plainte d'une jeune fidèle pour agressions sexuelles répétées. En septembre 2025, Radio-Canada publie le témoignage de deux autres femmes vivant à l'étranger. Elles disent qu'il s'est servi de leur foi pour abuser d'elles, sans avoir porté plainte. En juin 2026, il est condamné à 4 ans de prison. La victime le considérait comme son « père spirituel » : on retrouve cette emprise dans de nombreuses affaires.


9. Mwinda Lezoka (Montréal) : 268 000 $ et 14 ans de procédure


Ce pasteur de Montréal était accusé d'avoir escroqué ses propres fidèles. Le montant retenu par la justice est de 268 000 dollars et la peine prononcée est de 30 mois de prison. Il aura pourtant fallu 14 ans de délais judiciaires avant qu'il commence à la purger, en août 2025. L'affaire montre à quel point il est difficile d'obtenir justice quand l'argent a été donné au nom de la foi. Elle rappelle aussi qu'un pasteur à qui l'on confie de l'argent doit en rendre compte.


10. David Storm (La Réunion) : le prédicateur en fuite


David Storm était déjà connu à La Réunion pour avoir diffusé des images de la destruction d'une chapelle hindoue. En juin 2020, deux plaintes pour viols sur mineures sont déposées contre lui. Il quitte l'île la même année. Il est ensuite poursuivi pour trois viols et un abus de faiblesse sur des adolescentes. En mars 2026, le tribunal de Saint-Pierre le condamne en son absence à 2 ans de prison, et son épouse à 18 mois. Selon la presse locale, il serait mort dans un accident au Togo, mais cette information n'est pas confirmée.


Conclusion, Scandales qui ont secoué les églises évangéliques francophones depuis 2020


Ces dix affaires ont des points communs : un pasteur qui concentre tous les pouvoirs, des dons sans contrôle, des victimes jeunes ou fragiles, et une communauté qui préfère se taire. Les cas Axel Levi et Mike Kalambay montrent aussi que les réseaux sociaux lancent désormais les scandales plus vite que les tribunaux. Il faut donc bien distinguer une rumeur, un aveu, une enquête et une condamnation. Des solutions existent : une comptabilité transparente, une instance de contrôle indépendante du pasteur, et un signalement systématique des violences à la justice. Chaque affaire traitée avec rigueur protège aussi les nombreux fidèles et responsables honnêtes, qui sont les premiers à souffrir quand l'image de leur église est salie.

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