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RDC : crash de Kenge, marche de l'UDPS, victoire des Léopards… les 10 infos qui ont marqué la semaine

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La Rédaction
28 sept.
6 min de lecture

Il y a des semaines où l'actualité congolaise se résume à un seul mot : deuil. Le crash de Kenge a emporté les deux plus hauts responsables de la justice militaire du pays, et la RDC entre dans trois jours de deuil national. Dans le même temps, Kinshasa a marché pour la révision de la Constitution, la Haute Cour militaire a ouvert le procès de la chute de Bukavu, et les Léopards ont lancé leurs éliminatoires par un 2-0. De la rue au tribunal, du stade au sommet de l'ONU, voici les informations vérifiées de la semaine — et ce qui va faire la Une cette nouvelle semaine.


Il y a des semaines où l'actualité congolaise se résume à un seul mot : deuil. Le crash de Kenge a emporté les deux plus hauts responsables de la justice militaire du pays, et la RDC entre dans trois jours de deuil national.
Lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC, et le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi, Premier président de la Haute Cour militaire. La Première ministre Judith Suminwa à l'assemblée générale de L'ONU. Les agents de la riposte contre Ebola en Ituri.

1. Crash de Kenge : 17 morts, dont les deux chefs de la justice militaire


Vendredi 25 septembre, un Let L-410 exploité par Tracep Congo Aviation s'est écrasé près de Kenge, dans la province du Kwango. Le bilan est de 17 morts. Parmi les victimes figurent les deux plus hauts responsables de la justice militaire du pays, le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC, et le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi, Premier président de la Haute Cour militaire. C'est un choc pour l'appareil judiciaire, qui porte en ce moment plusieurs procès sensibles liés à la guerre dans l'Est. Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national, et les drapeaux seront en berne à partir du lundi 28 septembre jusqu'à l'inhumation. Les causes de l'accident ne sont pas connues : l'enquête doit les établir. Sur les réseaux, les spéculations circulent déjà, et il faut les traiter avec prudence. C'est de loin l'information la plus commentée de la semaine.


2. Tracep interdite de vol : la sécurité aérienne à nouveau en question


Samedi 26 septembre, le gouvernement a suspendu le certificat de transporteur aérien de Tracep Congo Aviation. Tous les avions de la compagnie restent au sol jusqu'à la fin de l'enquête. C'est une sanction rapide, rare par son ampleur, et elle relance un débat ancien : l'état de la flotte intérieure, le contrôle des petits porteurs et la fiabilité des liaisons vers les provinces. Pour beaucoup de Congolais, ces lignes sont le seul moyen de rejoindre certaines régions. Les observateurs attendent maintenant le rapport d'enquête et la publication de ses conclusions. La question revient souvent en ligne : ce crash va-t-il enfin déclencher un audit de tout le secteur ?


3. L'UDPS montre sa force dans la rue pour la révision de la Constitution


Le mardi 22 septembre, l'UDPS et ses alliés ont défilé en masse à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays. Le mot d'ordre était clair : soutenir le projet de modification de la Constitution voulu par le camp présidentiel. Le gouverneur Daniel Bumba avait demandé aux organisateurs de respecter l'itinéraire et l'ordre public. Selon Jeune Afrique, l'opposition risque de perdre la « bataille de la rue ». Le sujet divise profondément : les uns y voient une modernisation des institutions, les autres une manœuvre pour prolonger le pouvoir. Le débat sur les Articles 220 et 70 revient dans chaque plateau télé et dans chaque commentaire.


4. La C64 s'indigne : « deux poids, deux mesures » après la marche de l'UDPS


Jean-Marc Kabund accuse les autorités de traiter différemment la majorité et l'opposition. Il compare l'encadrement accordé à la marche de l'UDPS avec celui de la marche de la C64 du 15 septembre. Autre fait très commenté : RFI rapporte que les obsèques d'un opposant mort lors de la marche du C64 ont été empêchées à Kinshasa le 27 septembre. Pour l'opposition, c'est la preuve d'un espace civique qui se réduit. Pour le pouvoir, il s'agit de maintenir l'ordre public. Ce contraste entre les deux marches est l'un des sujets politiques les plus débattus de la semaine, et il devrait peser sur le dialogue national annoncé.


5. Justice : le procès de la chute de Bukavu s'ouvre à Kinshasa


Le 25 septembre, la Haute Cour militaire a ouvert le procès de la chute de Bukavu, prise par l'AFC/M23 en février 2025. Deux officiers comparaissent : le général-major Robert Anvul Yav, alors commandant de la région militaire, et le général de brigade André Ehonza, qui dirigeait le secteur Sukola 2 Nord. Ils sont poursuivis notamment pour lâcheté et démoralisation des troupes. Le général Yav doit aussi répondre d'avoir engagé des combats sans disposer, selon l'accusation, d'un potentiel offensif suffisant. L'acte d'accusation revient sur la perte successive de Kalehe, Kavumu, Katana puis Bukavu. La prochaine audience est fixée au 9 octobre. C'est un procès historique, car il porte sur la responsabilité militaire dans la débâcle de l'Est.


6. Procès Philémon Yav : la Haute Cour militaire en délibéré


Autre dossier très suivi : la Haute Cour militaire a clos les débats dans le procès du lieutenant-général Philémon Yav, ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense, et de son co-prévenu. Il est poursuivi notamment pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel. Le verdict doit tomber dans le délai légal. Le crash de Kenge, qui a tué les deux chefs de la justice militaire, pose une question très commentée en ligne : ces procès sensibles vont-ils suivre leur calendrier ? Aucune source officielle n'a annoncé de report à ce stade. Pour l'opinion, ces décisions seront un test de crédibilité pour la justice militaire.


7. Diplomatie : Judith Suminwa demande à l'ONU l'application des accords de paix


Depuis la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, la Première ministre Judith Suminwa a rappelé que Kinshasa a choisi la voie diplomatique. Elle a cité l'Accord de Washington du 27 juin 2025 et le processus de Doha, et a demandé leur application effective. Au même moment, un inventaire publié par beto.cd fait le bilan de la résolution 2773, adoptée en février 2025. Ce texte exigeait le retrait des troupes rwandaises et la fin des administrations parallèles, et son application reste très partielle dix-neuf mois plus tard. Autre signal suivi de près : la Belgique a rétabli ses relations avec Kigali, tout en affirmant maintenir son soutien à l'intégrité territoriale de la RDC. Enfin, Amnesty International accuse le M23 d'organiser un trafic d'or et de coltan vers le Rwanda.


8. Société : une campagne nationale de désarmement civil jusqu'au 22 décembre


Le 23 septembre, le gouvernement a lancé une campagne de désarmement civil volontaire, prévue jusqu'au 22 décembre. Les personnes qui détiennent des armes illégales sont invitées à les remettre. En échange, elles bénéficient d'une amnistie judiciaire, de l'anonymat et d'une contrepartie matérielle. Six zones sont concernées par cette première phase. L'objectif est de réduire la circulation des armes, alimentée par des années de conflits. Plusieurs questions restent ouvertes : les groupes armés et les civils de l'Est vont-ils réellement participer ? Les moyens de contrôle seront-ils suffisants ? Le bilan intermédiaire de la campagne sera très attendu.


9. Santé : l'épidémie d'Ebola reste un lourd fardeau


Selon l'OMS RDC, au 23 septembre 2026, le pays a notifié 7 890 cas confirmés, dont 3 799 décès. Le taux de létalité est de 48,1 %, ce qui veut dire que près d'un malade confirmé sur deux est mort. Ces chiffres montrent l'ampleur de la crise sanitaire, qui s'ajoute aux crises sécuritaire et humanitaire. La riposte doit notamment surmonter l'accès difficile à certaines zones, la méfiance d'une partie des communautés et le manque de financements. Pour éviter la désinformation, les chiffres officiels de l'OMS et du ministère de la Santé restent la seule référence fiable.


10. Football et culture : les Léopards gagnent 2-0 et sont décorés


Jeudi 24 septembre, au Stade des Martyrs, la RDC a battu la Guinée équatoriale 2-0 en ouverture des éliminatoires de la CAN 2027. Chancel Mbemba a marqué de la tête dès la 4e minute et Yoane Wissa a doublé la mise à la 72e. Les Léopards ont aussi touché deux fois la barre. Le président Tshisekedi, présent au stade, avait décoré la sélection le 22 septembre à la Cité de l'O.U.A pour son parcours. Sébastien Desabre veut maintenant enchaîner dans le groupe E.


Côté club, le TP Mazembe a été éliminé dès la phase de groupes de son propre tournoi, organisé du 22 septembre au 3 octobre.


À noter : Ce qui fera la Une cette semaine (28 septembre – 4 octobre)


  • Deuil national à partir du 28 septembre, puis hommages et obsèques des victimes du crash de Kenge. On attend aussi les premières conclusions de l'enquête sur Tracep.


  • Justice militaire : qui va assurer l'intérim à la tête des juridictions militaires ? Et quand tombera le verdict du procès Philémon Yav ?


  • Zimbambwe - RDC : Lundi 28 septembre à Harare avec comme objectif : enchaîner et valider la route vers la CAN 2027 pour les Léopards de Sebastien Desabre.


  • Léopards U23 : match contre la Mauritanie ce lundi 28 septembre à Nouakchott (18 h, heure de Kinshasa). Le retour aura lieu le 6 octobre au stade TP Mazembe.


  • Révision de la Constitution : la réplique de l'opposition, après la marche de l'UDPS et l'interdiction des obsèques d'un militant du C64.


  • Est du pays : les tensions internes à l'AFC/M23 autour de Sultani Makenga (révélées par Africa Intelligence), et la suite du processus de Doha.


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