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Tshisekedi face au FRN de Kabila : instructions secrètes aux FARDC après le choc de Goma

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La Rédaction
il y a 3 jours
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Kinshasa, 15 octobre 2026 – Deux jours après l'annonce à Goma de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN) dirigé par Joseph Kabila, Félix Tshisekedi a repris la main sécuritaire. Mercredi 14 octobre 2026, à la Cité de l'Union africaine, le président, en sa qualité de commandant suprême des FARDC, a présidé une réunion du Conseil supérieur de la défense consacrée à l'évaluation de la situation sécuritaire sur l'ensemble du territoire national.


Que s'est-il vraiment dit ? Que faut-il en attendre ? Décryptage avec des données vérifiées.


La réunion intervient deux jours après l'annonce, le 12 octobre à Goma, de la création du FRN, mouvement politico-militaire dirigé par l'ancien président Joseph Kabila. Selon les médias présents à Goma, les signataires s'étaient réunis du 10 au 11 octobre avant de publier une déclaration politique datée du 12 octobre.
Officiers supérieurs du conseil supérieur de la défense de la RDC le 14 Octobre à la Cité de l'OUA Kinshasa/RDC

1. Un timing qui n'a rien d'anodin : 48 heures après Goma


La réunion intervient deux jours après l'annonce, le 12 octobre à Goma, de la création du FRN, mouvement politico-militaire dirigé par l'ancien président Joseph Kabila. Selon les médias présents à Goma, les signataires s'étaient réunis du 10 au 11 octobre avant de publier une déclaration politique datée du 12 octobre.


Le FRN est présenté comme une nouvelle structure de lutte contre le pouvoir de Kinshasa, liée à l'AFC-M23. Les comptes rendus identifient Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa parmi ses dirigeants politiques, avec Sultani Makenga pour le commandement militaire. Le mouvement revendique le droit de recourir à la force contre Kinshasa.


C'est dans ce contexte que Tshisekedi convoque son Conseil, comme l'a annoncé la Présidence et confirmé le porte-parole des FARDC.


2. Ce que l'état-major a mis sur la table, Tshisekedi face au FRN de Kabila : instructions secrètes aux FARDC


Selon le général Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, cité par plusieurs médias de Kinshasa :

Le chef d'état-major général a présenté aux participants une évaluation de la situation opérationnelle des unités déployées sur le territoire national.

Autour de la table : la Première ministre, le vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale et des Anciens Combattants, ainsi que les responsables des services de défense et de sécurité.


Sur le terrain, cette évaluation porte sur un front toujours actif :


  • L'AFC/M23 conserve un contrôle étendu sur une large partie du Nord-Kivu, avec des combats concentrés à Masisi et Walikale début octobre, selon Actualité CD.


  • Le 4 octobre, 29 combattants AFC/M23 se sont rendus aux FARDC et aux Wazalendo, et 10 autres ont été capturés avec leurs armes, selon Radio Okapi.


  • Washington réclame toujours à la rébellion et à Kinshasa la finalisation des protocoles de Doha, malgré le changement de dénomination de l'AFC/M23


3. Des « instructions précises », sans détails publics


À l'issue de la présentation, Félix Tshisekedi a donné des instructions aux forces armées et aux services de sécurité pour assurer leurs missions de défense de l'intégrité territoriale et de protection des populations civiles et de leurs biens, rapporte Opinion Info.


Point important pour la rigueur : aucune précision supplémentaire sur la teneur des instructions ni sur les mesures opérationnelles envisagées n'a été communiquée dans les éléments rendus publics. Il ne s'agit donc pas d'une annonce d'offensive, ni d'un changement de doctrine affiché, mais d'un recadrage au sommet de l'appareil de défense.


4. Le vrai enjeu : le FRN fragilise Doha et crispe Kinshasa


À Kinshasa, la création du FRN est lue comme une escalade politique et militaire :


  • Le Potentiel, via Radio Okapi, estime que le FRN fragilise davantage les négociations de Doha et s'interroge sur la capacité des États-Unis à faire respecter le retrait des forces rwandaises de l'Est.


  • Vital Kamerhe dénonce une contradiction entre le discours sur la paix tenu par Kabila le 9 octobre et son engagement à la tête d'un mouvement associé à la lutte armée le 12 octobre. « Le peuple vous jugera sur vos actes », affirme-t-il, en réaffirmant son soutien à Tshisekedi.


  • Le sénateur Taupin Kabongo appelle à un front national uni autour de Félix Tshisekedi, des FARDC et des Wazalendo, et accuse Kabila de servir des intérêts étrangers, selon 7SUR7 CD.


  • Hugo Zala, président de la Base républicaine, défend le dialogue national annoncé par Tshisekedi comme « la seule arme contre l'entreprise de déstabilisation », tout en mettant en garde contre sa récupération, selon Actualité CD.


  • Le Mouvement libéral de Thomas Luhaka rejette toute association avec le FRN et défend le dialogue républicain comme seul cadre légitime.


Le camp présidentiel, rapporte RFI, fustige ouvertement Kabila et son mouvement politico-militaire. Tshisekedi face au FRN de Kabila : instructions secrètes aux FARDC.


En clair : Tshisekedi n'a pas annoncé une nouvelle opération, il a fermé les rangs. Face à un Kabila qui passe du discours de paix du 9 octobre à la tête d'une coalition politico-militaire le 12 octobre, le Conseil du 14 octobre est un signal d'unité du commandement et un rappel que l'option militaire reste sur la table si le processus diplomatique échoue.

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