Rwanda - RDC : Kagame durcit le ton sur les FDLR et torpille l'accord de Washington
- La Rédaction

- 24 août
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À Kigali ce lundi 24 août 2026, Paul Kagame a tenu une conférence de presse très attendue sur la crise dans l'Est de la RDC. Au cœur de son intervention : les FDLR, l'accord de paix de Washington signé le 27 juin 2025, et les relations explosives avec Kinshasa et Bujumbura. Un discours ferme qui confirme que la paix reste fragile.

1. Les FDLR : Le cœur du problème selon Kigali
C'est la phrase qui résume tout : « Le problème du Rwanda a toujours été les FDLR au Congo ». Interrogé sur le récent protocole de désarmement annoncé par Kinshasa entre la RDC et les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), Kagame n'a pas mentionné directement l'accord mais l'a balayé d'un revers de main.
« Je n'ai entendu parler d'aucune initiative, jusqu'à présent, qui se concentre réellement sur les causes profondes du problème et cherche à y répondre. C'est toujours superficiel », a-t-il lancé. Source: MediaCongo / RFI.
Une position déjà défendue par son chef de la diplomatie, Olivier Nduhungirehe, qui a qualifié le protocole sur les réseaux sociaux de « manœuvre politique et stratégie dilatoire de la part de Kinshasa ». Pour Kigali, ce protocole ne répond pas à l'engagement pris par la RDC dans l'Accord de Washington : la neutralisation totale des FDLR.
Message clair : « Tant que le problème n'est pas résolu, le Rwanda restera concerné » et prendra « toutes les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité ».
2. L'Accord de Washington mis à l'épreuve
Près de 14 mois après sa signature à Washington D.C., l'accord de paix RDC-Rwanda patine. La 6e réunion du Mécanisme conjoint de coordination sécuritaire s'est tenue les 12-13 août à Genève sous l'égide des États-Unis.
Deux avancées timides ont été annoncées : la RDC et le Rwanda ont convenu de faire avancer le Mécanisme conjoint et le comité de suivi du cessez-le-feu le long de la ligne de contact. Kinshasa y a présenté son plan DDR (Désarmement, Démobilisation, Réintégration) pour les FDLR, complété par un exposé de la MONUSCO.
Mais la conférence de Kagame montre le fossé : pour Kigali, le plan congolais est hors-cadre. Et sur le terrain, Africa Intelligence révèle ce 24 août qu'une mission d'enquête doit se déployer au Sud-Kivu dans le cadre de ce même accord, signe que la vérification reste à construire.
3. Les sanctions contre Kigali : « Elles créent de nouvelles difficultés »
Interrogé sur les sanctions internationales visant le Rwanda pour son soutien présumé au M23, Kagame a estimé qu'elles « créent de nouvelles difficultés au lieu d'apporter des solutions ». Une ligne constante de Kigali qui rejette le narratif selon lequel la pression internationale suffira à mettre fin aux combats.
4. Le tacle frontal au président burundais Ndayishimiye
Autre moment fort : le règlement de comptes avec Bujumbura. Répondant aux accusations d'Évariste Ndayishimiye selon lesquelles Kigali n'aurait pas honoré ses engagements, Kagame a été cinglant :
« Il n'y a aucun engagement que nous avons pris que nous n'avons pas honoré, pas avec le président du Burundi, ni avec personne d'autre. Je ne raconte pas de mensonges comme il m'en a raconté. »
Paul Kagame dit avoir contacté directement Évariste Ndayishimiye après avoir reçu des renseignements sur un mouvement de troupes burundaises vers le Nord-Kivu. Ce dernier aurait nié, lui demandant de « vérifier » ses informations. « Deux semaines plus tard, elles ont été capturées au Nord-Kivu », a asséné Kagame. Un épisode qui illustre la méfiance totale entre les deux voisins, sur fond de contentieux ancien sur l'extradition des putschistes de 2015 et le soutien présumé à des groupes rebelles.
5. Que retenir pour la suite ? Rwanda - RDC : Kagame durcit le ton
La conférence confirme trois réalités :
a) Kigali ne bougera pas sur les FDLR sans une neutralisation vérifiable et profonde, pas un protocole jugé cosmétique selon les propos de Paul Kagame..
b) L'Accord de Washington reste le cadre de référence, mais sa mise en œuvre est au point mort sur le volet sécuritaire le plus sensible.
c) La crise est régionale : sans apaisement avec le Burundi et sans avancée à Doha entre Kinshasa et l'AFC/M23, le cessez-le-feu restera « fragile et sous surveillance ».
Pour Kinshasa, le message est clair : les « initiatives superficielles », d'après Paul Kagame, ne suffiront plus à convaincre Kigali.



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