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Grâce Kutino : les 5 controverses qui secouent la ministre de la Jeunesse en RDC—un an après sa nomination.

  • Photo du rédacteur: La Rédaction
    La Rédaction
  • 7 août
  • 5 min de lecture

Nommée le 8 août 2025, Grâce Kutino, fille du pasteur Fernando Kutino, dirige le ministère de la Jeunesse et de l'Éveil Patriotique. Un an après, son bilan divise. On revient sur 5 polémiques qui marquent son passage — certaines confirmées, d'autres encore débattues.


La question qui revient le plus souvent dans l’opinion peut se résumer ainsi : « A-t-elle réellement le profil pour représenter les jeunes Congolais ? »
La Ministre de la Jeunesse de la RDC, Grâce Kutino lors d'un conseil du gouvernement

Les controverses entourant Grâce Kutino ne relèvent pas toutes d’un même registre. Certaines portent sur son profil, d’autres sur la communication politique, la gestion des attentes ou le risque de politisation de la jeunesse. Les critiques publiques ne sont pas des preuves en soi. Elles révèlent surtout les inquiétudes d’une société congolaise qui demande des résultats rapides et vérifiables.


La question qui revient le plus souvent dans l’opinion peut se résumer ainsi : « A-t-elle réellement le profil pour représenter les jeunes Congolais ? »

1. Un héritage, pas une compétence


La première controverse, portée par des médias en ligne : sa nomination serait davantage liée à son nom de famille — celui du pasteur influent Fernando Kutino — qu'à un parcours politique établi, impactant directement son niveau de légitimité pour diriger un ministère aussi sensible. En RDC, la jeunesse représente une part majeure de la population. Le ministère chargé de ce secteur touche donc à l’emploi, à la formation, à la citoyenneté, à l’entrepreneuriat, au volontariat et à l’encadrement des jeunes.


Le sujet n’est pas le nom en lui-même. Le vrai sujet est la frontière entre relation, réputation et compétence. Des internautes et chroniqueurs politiques demandent si sa nomination repose d’abord sur son profil ou sur des soutiens influents. Cette interrogation revient régulièrement dans les débats sur les gouvernements congolais, tous camps confondus.


Les controverses entourant Grâce Kutino ne relèvent pas toutes d’un même registre. Certaines portent sur son profil, d’autres sur la communication politique, la gestion des attentes ou le risque de politisation de la jeunesse
Grâce Kutino, l'une des filles du célèbre pasteur Fernando Kutino posant pour le magazine ForbesWomen

2. Le diplôme contesté


Deuxième critique : son diplôme. Elle affirme détenir une licence en science politique de l'université Paris-Est-Créteil. Une affirmation que plusieurs médias congolais ont mise en doute, sans preuve tranchée dans un sens ou dans l'autre à ce jour.


Diplôme contesté, oui — mais il faut nuancer. Un média congolais affirme que la faculté des sciences politiques n'existe pas à l'UPEC (ndlr établissement situé en banlieue parisienne où Grâce Kutino affirme avoir obtenu sa licence de science politique en 2018-2019).

Sauf que d'autres rappellent que l'université propose bien une licence en science politique, et l'UPEC n'a créé son Institut d'études politiques qu'en 2022. Résultat : une polémique où les deux camps avancent des éléments — sans preuve définitive tranchée à ce jour.


Deuxième critique : son diplôme. Elle affirme détenir une licence en science politique de l'université Paris-Est-Créteil. Une affirmation que plusieurs médias congolais ont mise en doute, sans preuve tranchée dans un sens ou dans l'autre à ce jour.
Grâce Kutino, ministre de la jeunesse en RDC, entourée des écoliers de Kinshasa.

3. La campagne "Oui, je le veux"


Troisième point, plus sensible : la campagne "Oui, je le veux", qui soutient une révision de la Constitution. Grâce Kutino assure y porter la voix des jeunes consultés dans les 26 provinces.


L'annonce a été faite dans une vidéo publiée dimanche 2 août 2026 sur ses canaux. Elle y dit (cité par 7sur7) : « Ce "Oui" n'est pas un slogan vide. Ce "Oui" est celui d'une jeunesse qui croit qu'une Constitution peut évoluer pour mieux répondre aux réalités de son temps »


Le problème : plusieurs organisations de jeunesse contestent cette consultation et demandent des preuves — quand a-t-elle eu lieu, selon quelle méthode, quels jeunes ont été consultés ? ». De nombreuses organisations de jeunes liées à l'opposition soutiennent que le timing de cette annonce n'est pas dénué de calculs stratégiques et cherche à distraire l'attention de l'opinion publique des enjeux cruciaux de l'actualité socio-politique en RDC.


Le regroupement LGD&A (proche de l'ex-Premier ministre Matata Ponyo) a officiellement rejeté la campagne et lui pose des questions très directes, rapportées par Le Potentiel : « Quand cette consultation a-t-elle eu lieu ? Selon quelle méthodologie ? Quels jeunes ont été consultés ? Quelles organisations ont été associées ? Où sont les résultats ? » — en dénonçant un manque de rigueur.


Le sujet n’est pas le nom en lui-même. Le vrai sujet est la frontière entre relation, réputation et compétence. Des internautes et chroniqueurs politiques demandent si sa nomination repose d’abord sur son profil ou sur des soutiens influents.
Grâce Kutino, ministre de la jeunesse en RDC, posant pour ForbesWomen dans son bureau

4. La marche annoncée du 12 août


La quatrième controverse : l'organisation d'une marche citoyenne qu'elle appelle à rejoindre le 12 août à Kinshasa, marche qui  partira de la 1ère Rue de Limete pour se terminer au Centre culturel de Kinshasa.


Soutenue par le gouvernement, elle est contestée par une partie de la jeunesse et de l'opposition, qui lance même un contre-slogan : "Non, je refuse". Une polémique qui, selon le tabloïd Congo Nouveau, pourrait se retourner contre le président lui-même. »


Cette initiative est perçue par ses détracteurs comme un usage politique de son ministère plus qu'un service rendu à la jeunesse.


5. Des déclarations publiques qui font débat


Dans cette dernière controverse, nous avons veillé à distinguer clairement ce qui découle d'une déclaration spécifique de ce qui est lié à l'interprétation. Voici donc quelques déclarations publiques qui ont suscité des polémiques, marqué les esprits ou provoqué des réactions.


  • Le reproche le plus concret : "fautes de français, propos jugés maladroits". C'est la formulation exacte qui ressort d'un post de suivi du média en ligne Les Stars Congolaises DRC résumant sa gestion : "Depuis son entrée au gouvernement, la ministre de la Jeunesse enchaîne les polémiques : fautes de français, propos jugés maladroits, discours..."


  • La déclaration la plus contestée : "les jeunes veulent une révision de la Constitution". Confirmé et recoupé sur plusieurs sources : elle affirme que le cadre constitutionnel actuel ne reconnaît pas suffisamment les jeunes comme une force, d'où la campagne "Oui, je le veux". Jeunesse et Constitution : le discours remis en question C'est sur cette base qu'elle revendique parler au nom des jeunes.


  • Sa déclaration de nomination : La promesse fondatrice. À sa prise de fonction (août 2025), elle a déclaré vouloir construire avec les jeunes un avenir audacieux, discipliné et profondément patriote. "Je serai une oreille, une voix, une main tendue, un pont. Je vous appartiens." propos repris dans le podcast de "Les podcasts de Zeinab Diomandé" — Une année après, le contraste est saisissant entre promesse et réalisation.


  • Sa dernière déclaration, la plus audacieuse : "Il m'est déjà arrivé de passer 24 heures sans commettre de péché". C'est une déclaration de nature spirituelle ou religieuse, prononcée par une ministre de la Jeunesse dans le contexte d'une campagne politique ("Oui, je le veux") et d'un débat constitutionnel. Beaucoup y voient un décalage entre le registre piété personnelle et la fonction politique publique pour la jeunesse.



En conclusion : Ce que révèlent réellement de ces 5 controverses qui secouent la ministre de la Jeunesse en RDC


Nous avons examiné les 5 controverses qui secouent la ministre de la Jeunesse en RDC et maintenant prenons du recul — car le véritable sujet n'est pas Grâce Kutino en soi, mais ce que son dossier révèle sur le paysage médiatique et politique en République démocratique du Congo. Voici une analyse transversale.


C'est moins un dossier de "bévues" qu'un dossier de défiance


En Regardant le fil rouge des cinq points : diplôme contesté, consultation contestée, bilan introuvable, déclaration spirituelle moquée — le point commun n'est pas "elle a mal agi", c'est "on ne la croit pas sur parole".


La controverse la plus structurante (les jeunes consultés dans 26 provinces) porte précisément sur la crédibilité d'une affirmation, pas sur une action. C'est un dossier de défiance envers une personnalité publique, et c'est un signal plus fort que n'importe quelle bévue isolée.


Le passé du pasteur : le vrai carburant de la polémique


Sous ces controverses, une constante demeure : l'influence du pasteur Fernando Kutino. Entre Diplôme remis en question, déclaration sur le péché, position religieuse... Tout ramène à une question implicite : est-elle une ministre ou une figure évangélique désignée pour servir un agenda ? Ce sous-texte religieux confère à la polémique son intensité émotionnelle — et explique à la fois les critiques et la fidélité de ses partisans.



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