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- Ebola en RDC : 700 millions de dollars évaporés, Africa CDC accuse et exige des comptes
L'alerte qui fait scandale à Kinshasa – Sur 962 millions de dollars déboursés par les donateurs, seulement 200 millions sont tracés. 700 millions à rechercher. C'est le calcul lâché mercredi à Kinshasa par le Dr Jean Kaseya, directeur général d'Africa CDC, devant la presse congolaise. Dr Jean Kaseya, directeur général d'Africa CDC Sur les moins de 30% [de partenaires] qui ont participé, on n'a pu tracer que 200 millions. Sur ces 200 et quelques millions, à peu près 100 millions existent et n'ont jamais été utilisés. Ça fait 700 millions de dollars à rechercher et qui existent. C'est là le combat qu'on va mener et je peux vous dire, on ne va pas lâcher. On ne parle pas de promesses, mais d'argent annoncé comme déboursé via les partenaires engagés pour la 17e épidémie d'Ebola, dont l'épicentre est en Ituri. Comment 700 millions deviennent introuvables ? La mécanique est décrite par Africa CDC lui-même : 1. Une chaîne à rallonge. L'argent ne va pas directement à l'État. Il transite par les partenaires d'exécution de l'INSP, l'Institut national de santé publique. 2. Un rendez-vous de vérité boycotté. Le Dr Kalambayi avec le directeur général de l'INSP ont convoqué tous les partenaires pour retracer les fonds. Résultat : moins de 30% sont venus. Impossible donc de justifier les 962 millions affichés par les donateurs. 3. Même l'argent retrouvé dort. Sur les 200 millions déclarés, environ 100 millions n'ont jamais été utilisés, alors que soignants et traceurs de contacts dénoncent des retards de paiement sur le terrain. Ce n'est pas nouveau. Dès juin, Kaseya dénonçait l'écart entre annonces et réalité : au 4 juin, moins de 2 millions étaient arrivés dans les pays affectés malgré environ 498 millions de promesses, comme le rapportait Health Policy Watch le 15 juin 2026 dernier. Même flou côté américain : Washington annonce 270 millions en argent direct Ebola plus 50 millions d'intention pour le CEPI, mais Africa CDC avoue ne pas savoir combien est réellement déboursé, à qui et pour quoi. L'ONG Action Contre la Faim estimait alors que seulement 35% du plan d'intervention était couvert, selon la Deutsche Welle le 19 juin 2026. Pendant ce temps, les annonces s'empilent : 910 millions de promesses obtenues par l'Union africaine dont 80 millions d'États africains, plan conjoint OMS-Africa CDC de 518 millions, 220 millions d'urgence de la Banque mondiale, 493 millions d'euros de l'Union européenne. Beaucoup d'annonces, peu d'argent traçable sur le terrain. Qui sont les responsables ? Ebola en RDC : 700 millions de dollars évaporés Africa CDC accuse. Attention : il n'y a à ce stade aucun verdict judiciaire sur ces 700 millions. On parle de responsabilités fonctionnelles, pointées par les faits vérifiables : Les partenaires absents. Ce sont eux qui ont reçu les fonds via l'INSP et qui ne se sont pas présentés à la réunion de traçabilité. Tant qu'ils ne justifient pas, l'argent reste intraçable. C'est le cœur de l'accusation de Kaseya. Les circuits opaques des donateurs. Annonces sans décaissement prouvé, versements à des intermédiaires comme OCHA sans reporting public, non-coordination avec l'OMS. Le cas américain, avec l'interdiction faite aux experts US de traiter directement avec l'OMS après le retrait américain de 2025, a encore compliqué la lisibilité, selon les sources citées par Health Policy Watch. La gouvernance sanitaire nationale. L'INSP, l'INRB et le ministère de la Santé sont au centre du système. Le ministre de la Santé, Dr Samuel Roger Kamba, assurait en juin que les fonds seraient gérés de manière transparente et décentralisée. Sur le terrain, le Front démocratique africain dénonce le décalage entre le budget 2026 de l'État, près de 21 milliards de dollars, et la réalité opérationnelle, et réclame un audit public et la démission du ministre, dans une tribune publiée par L'Humanité le 9 septembre 2026 dernier. Le fantôme de l'"Ebola business". Le précédent pèse lourd : en 2019, l'ex-ministre de la Santé Oly Ilunga avait été interpellé, soupçonné de détournement de fonds Ebola, selon La Croix, 14 septembre 2019. En 2022, l'IGF révélait plus de 6 millions USD non traçables au ministère de la Santé, selon RFI, 13 février 2022, et jusqu'à 300 millions suspectés sur 4 programmes selon Actualité.cd. D'où le mot qui revient : Ebola business. Pendant ce temps, le pire bilan de l'histoire du pays Ce 15 octobre, l'épidémie fête ses 5 mois, jour pour jour depuis la déclaration du gouvernement : 9 144 cas, 4 410 décès, 2 418 guéris, létalité de 48,2%. C'est déjà la pire épidémie d'Ebola qu'ait connue la RDC en cas et en morts, et la deuxième du continent après celle d'Afrique de l'Ouest.La question n'est donc plus seulement comptable. Chaque million non tracé, c'est une tente d'isolement, des équipes de surveillance et des vaccins qui manquent en Ituri, au Nord-Kivu, en Tshopo, dans le Bas et Haut-Uélé. Africa CDC promet de ne pas lâcher. La société civile exige un audit public indépendant : premières alertes, financements réellement disponibles, rôle de l'INSP et de l'INRB, responsabilités. Sans cela, les 700 millions resteront le symbole d'une riposte riche en promesses et pauvre en preuves. Ebola en RDC : 700 millions de dollars évaporés Africa CDC accuse.
- Tshisekedi face au FRN de Kabila : instructions secrètes aux FARDC après le choc de Goma
Kinshasa, 15 octobre 2026 – Deux jours après l'annonce à Goma de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN) dirigé par Joseph Kabila, Félix Tshisekedi a repris la main sécuritaire. Mercredi 14 octobre 2026, à la Cité de l'Union africaine, le président, en sa qualité de commandant suprême des FARDC, a présidé une réunion du Conseil supérieur de la défense consacrée à l'évaluation de la situation sécuritaire sur l'ensemble du territoire national. Que s'est-il vraiment dit ? Que faut-il en attendre ? Décryptage avec des données vérifiées. Officiers supérieurs du conseil supérieur de la défense de la RDC le 14 Octobre à la Cité de l'OUA Kinshasa/RDC 1. Un timing qui n'a rien d'anodin : 48 heures après Goma La réunion intervient deux jours après l'annonce, le 12 octobre à Goma, de la création du FRN, mouvement politico-militaire dirigé par l'ancien président Joseph Kabila. Selon les médias présents à Goma, les signataires s'étaient réunis du 10 au 11 octobre avant de publier une déclaration politique datée du 12 octobre. Le FRN est présenté comme une nouvelle structure de lutte contre le pouvoir de Kinshasa, liée à l'AFC-M23. Les comptes rendus identifient Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa parmi ses dirigeants politiques, avec Sultani Makenga pour le commandement militaire. Le mouvement revendique le droit de recourir à la force contre Kinshasa. C'est dans ce contexte que Tshisekedi convoque son Conseil, comme l'a annoncé la Présidence et confirmé le porte-parole des FARDC. 2. Ce que l'état-major a mis sur la table, Tshisekedi face au FRN de Kabila : instructions secrètes aux FARDC Selon le général Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, cité par plusieurs médias de Kinshasa : Le chef d'état-major général a présenté aux participants une évaluation de la situation opérationnelle des unités déployées sur le territoire national. Autour de la table : la Première ministre, le vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale et des Anciens Combattants, ainsi que les responsables des services de défense et de sécurité. Sur le terrain, cette évaluation porte sur un front toujours actif : L'AFC/M23 conserve un contrôle étendu sur une large partie du Nord-Kivu, avec des combats concentrés à Masisi et Walikale début octobre, selon Actualité CD. Le 4 octobre, 29 combattants AFC/M23 se sont rendus aux FARDC et aux Wazalendo, et 10 autres ont été capturés avec leurs armes, selon Radio Okapi. Washington réclame toujours à la rébellion et à Kinshasa la finalisation des protocoles de Doha, malgré le changement de dénomination de l'AFC/M23 3. Des « instructions précises », sans détails publics À l'issue de la présentation, Félix Tshisekedi a donné des instructions aux forces armées et aux services de sécurité pour assurer leurs missions de défense de l'intégrité territoriale et de protection des populations civiles et de leurs biens, rapporte Opinion Info. Point important pour la rigueur : aucune précision supplémentaire sur la teneur des instructions ni sur les mesures opérationnelles envisagées n'a été communiquée dans les éléments rendus publics. Il ne s'agit donc pas d'une annonce d'offensive, ni d'un changement de doctrine affiché, mais d'un recadrage au sommet de l'appareil de défense. 4. Le vrai enjeu : le FRN fragilise Doha et crispe Kinshasa À Kinshasa, la création du FRN est lue comme une escalade politique et militaire : Le Potentiel, via Radio Okapi, estime que le FRN fragilise davantage les négociations de Doha et s'interroge sur la capacité des États-Unis à faire respecter le retrait des forces rwandaises de l'Est. Vital Kamerhe dénonce une contradiction entre le discours sur la paix tenu par Kabila le 9 octobre et son engagement à la tête d'un mouvement associé à la lutte armée le 12 octobre. « Le peuple vous jugera sur vos actes », affirme-t-il, en réaffirmant son soutien à Tshisekedi. Le sénateur Taupin Kabongo appelle à un front national uni autour de Félix Tshisekedi, des FARDC et des Wazalendo, et accuse Kabila de servir des intérêts étrangers, selon 7SUR7 CD. Hugo Zala, président de la Base républicaine, défend le dialogue national annoncé par Tshisekedi comme « la seule arme contre l'entreprise de déstabilisation », tout en mettant en garde contre sa récupération, selon Actualité CD. Le Mouvement libéral de Thomas Luhaka rejette toute association avec le FRN et défend le dialogue républicain comme seul cadre légitime. Le camp présidentiel, rapporte RFI, fustige ouvertement Kabila et son mouvement politico-militaire. Tshisekedi face au FRN de Kabila : instructions secrètes aux FARDC. En clair : Tshisekedi n'a pas annoncé une nouvelle opération, il a fermé les rangs. Face à un Kabila qui passe du discours de paix du 9 octobre à la tête d'une coalition politico-militaire le 12 octobre, le Conseil du 14 octobre est un signal d'unité du commandement et un rappel que l'option militaire reste sur la table si le processus diplomatique échoue.
- RDC : Kabila prend officiellement les armes — l'AFC/M23 dissoute, place au FRN
Ce lundi 12 octobre 2026 à Goma, l'ex-président Joseph Kabila a franchi un cap historique : il préside désormais un mouvement politico-militaire, le Front pour la refondation de la nation (FRN), qui absorbe et dissout l'AFC/M23. Condamné à mort il y a un an, il assume la confrontation armée contre Félix Tshisekedi au nom de l'article 64 de la Constitution. Décryptage. l'ex-président Joseph Kabila préside désormais un mouvement politico-militaire 1. Ce qui s'est passé à Goma ce 12 octobre Selon Jeune Afrique, le FRN a été proclamé à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu sous contrôle de la rébellion depuis janvier 2025. Sur la photo officielle : Bertrand Bisimwa, Corneille Nangaa, Joseph Kabila, Sultani Makenga et Freddy Kaniki. L'annonce acte la dissolution officielle de l'AFC/M23, confirmée aussi par Straits Times / Daily Maverick : Kabila conduit un nouveau groupe destiné à remplacer l'insurrection du M23. La déclaration de lancement a été lue par nul autre que Claude Ibalanky, ancien conseiller de Félix Tshisekedi. 2. Qui dirige quoi ? Le nouvel organigramme Toujours selon des sources proches du mouvement citées par Jeune Afrique : Président : Joseph Kabila, ex-président (2001-2019) Vice-présidents : Corneille Nangaa (ex-coordonnateur de l'AFC) et Bertrand Bisimwa (président du M23) Chef d'état-major général, avec rang de vice-président : Sultani Makenga, chef militaire du M23 Secrétariat général : Freddy Kaniki, secondé par Benjamin Bonimpa C'est une mutualisation claire : le politique (Kabila, Nangaa) et le militaire (Makenga) sont réunis dans une même structure. L'objectif affiché : « mutualiser les forces et les efforts » pour mettre fin à ce que le mouvement qualifie de « tyrannie » de Félix Tshisekedi, par « tous les moyens », y compris la force. Base juridique invoquée : l'article 64 de la Constitution, qui fait devoir à tout Congolais de faire échec à tout pouvoir pris ou exercé en violation de la Constitution. 3. Pourquoi maintenant ? Le contour complet Ce basculement n'est pas une surprise, c'est l'aboutissement d'un an d'escalade : a) Une condamnation à mort. Le 30 septembre 2025, la Haute Cour militaire de Kinshasa a condamné Kabila à mort par contumace pour trahison, crimes de guerre et participation à l'insurrection liée au M23. Le 30 septembre 2026 marquait le premier anniversaire du verdict. b) Un retour assumé à Goma. En mai 2025, après des mois à l'étranger, Kabila est revenu au pays... par Goma, ville tenue par l'AFC/M23. Il y a depuis multiplié les séjours. c) Un discours-préavis le 9 octobre. Trois jours avant l'annonce, Kabila publie « Le pays est en péril : ne pas agir, c'est être complice ». Il y affirme que ses propositions de mai 2025 — un « pacte citoyen » en 12 points — ont été « superbement ignorées ». Il promet alors de partager « dans les heures, les jours ou les semaines à venir » sa conviction pour « sauver la RDC ». d) Un rapport ONU prémonitoire. En juin 2026, le groupe d'experts des Nations unies sur la RDC documentait l'ampleur des liens de fait entre Kabila et la rébellion et prévenait : un « remaniement en profondeur de la direction et de la structure du mouvement était imminent » et « Joseph Kabila devrait y occuper des fonctions de premier plan ». e) Des sanctions américaines. Ciblé en avril par le Trésor américain pour soutien présumé à l'AFC/M23, Kabila a mandaté un avocat aux États-Unis pour les contester. Autrement dit : sans immunité, sous le coup d'une peine capitale, exclu du dialogue de Kinshasa, Kabila n'avait plus, selon l'analyse d'Afrikarabia, « plus vraiment d'autres choix que de se rapprocher de la rébellion ». 4. Dissolution de l'AFC/M23 : rupture ou rebranding ? Il faut lire le FRN pour ce qu'il est : pas une nouvelle rébellion de plus, mais une refondation politique. L'AFC/M23 était perçue comme une rébellion régionale du Kivu, adossée au Rwanda selon Kinshasa et l'ONU. Le FRN veut en faire un front national, présidé par un ex-chef de l'État, avec un vocabulaire constitutionnel, pas seulement militaire. C'est à la fois plus dangereux et plus politique : plus dangereux parce que cela officialise l'unité de commandement ; plus politique parce que Kabila cherche une légitimité d'opposant national, pas de chef de guerre local. 5. Et maintenant ? 3 scénarios 1. Escalade militaire. Avec Makenga à l'état-major, le FRN assume « tous les moyens ». Les combats dans l'Est peuvent s'intensifier. 2. Recomposition diplomatique. Washington et Doha tentent une médiation. Un front présidé par Kabila complique le dialogue national voulu par Kinshasa, qui refuse de parler à un « condamné à mort ». 3. Bataille du récit. Kinshasa parlera de « haute trahison ». Goma parlera de « résistance constitutionnelle » (art. 64). La bataille se jouera aussi à l'ONU et devant l'opinion.Ce qu'on ne sait pas encore — à vérifier : l'étendue exacte des forces ralliées au FRN au-delà de l'AFC/M23, la réaction officielle de Kinshasa ce soir, et la position rwandaise. En un mot : Kabila n'est plus l'allié présumé de la rébellion. Il en est le visage officiel. La crise congolaise change de nature.
- DOSSIER : 30 jours après le mariage endeuillé de Kinshasa
Un mariage qui vire au deuil national Dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre 2026, vers minuit, un incendie se déclare dans la salle des fêtes Panacée, sur le boulevard Triomphal, commune de Lingwala à Kinshasa. Une fête de mariage bat son plein. La panique, la débandade, l'étouffement font plus de victimes que les flammes elles-mêmes. Trois bilans se succèdent en 72 heures, et c'est déjà un symptôme : 22 morts : premier bilan provisoire cité dans les premières heures ; 14 décès : chiffre ensuite avancé à la presse par le bourgmestre de Lingwala ; 12 morts et plusieurs blessés : bilan provisoire final retenu par le gouvernorat de Kinshasa, confirmé par le du vice-gouverneur Eddy Iyeli Molangi du 9 septembre. Le même récit revient dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 11 septembre : 22, puis 14, puis 12. La polémique enfle, reprise par TV5 Monde : équipements anti-incendie opérationnels ? Normes respectées ? Combien de salles à Kinshasa sont dans le même cas ? Plus d'un mois plus tard, le 8 octobre, la question n'est plus « que s'est-il passé à Panacée ? » mais « pourquoi ça brûle encore ? » Salle des fêtes Panacée, au samedi 5 septembre 2026 matin après un incendie qui a fait 12 morts et plusieurs blessés (officiel). Depuis le 5 septembre : ce n'est pas un cas isolé Voici la chronologie vérifiée des sinistres signalés après Panacée. On ne retient que les cas documentés par médias vérifiés, pas les rumeurs TikTok. 1. Lundi 7 septembre — Petit Collège Saint-Pierre, commune de Kinshasa Vers 13h, un court-circuit consume un bâtiment de cinq salles de classe et deux bureaux abritant l'Institut Kinkole et l'école primaire. Archives, mobilier partis en fumée. Dégâts matériels lourds, aucun bilan humain officiel publié. Le feu est cité nommément par le président Tshisekedi au Conseil des ministres. 2. Lundi 7 septembre — Salle Bonne Auberge, Limete Le même jour, un autre feu se déclare dans une parcelle abritant la salle des fêtes Bonne Auberge. À Limete, ce sont les habitants qui tentent seuls de contenir les flammes, faute de secours. Le même jour, un pompier affirme que le camion envoyé à Saint-Pierre appartenait à un opérateur privé, pas à la ville. 3. Jeudi 10 septembre — Bukavu, quartier Chimpunda, commune de Kadutu Le drame le plus lourd. Un feu parti d'une maison d'habitation se propage aux écoles primaires Furaha et Ujamaa en pleine journée de classe. Bousculade, asphyxie. 29 morts, tous élèves : bilan hospitalier du 10 septembre au soir (morgue Hôpital général + Cliniques universitaires) Radio Okapi ; 26 enfants tués et 25 blessés : chiffre UNICEF au 11 septembre. Près de 300 maisons réduites en cendres selon la BBC. Bukavu, sans engins adaptés, doit appeler le service anti-incendie du Rwanda voisin. 4. Mi-septembre — Kasa-Vubu et Kin Marché Un incendie nocturne dans un flat-hôtel au rond-point Shaba, à Kasa-Vubu, flammes visibles, sans bilan officiel. Le 19 septembre, un feu est signalé à Kin Marché Assanef, bilan non dévoilé. 5. Nuit du 2 au 3 octobre — Marché central Zando, Kinshasa Six magasins appartenant à des commerçants chinois ravagés entre les avenues du Plateau et de l'École, en face du marché central. Incendie maîtrisé samedi par les sapeurs-pompiers. Dégâts matériels importants, aucun mort signalé. Ce ne sont donc pas des cas isolés. C'est une série. Où en sont les mesures promises 30 jours après le mariage endeuillé de Kinshasa ? Mesure 1 : Contrôle de toutes les salles de fêtes Le 9 septembre, l'Hôtel de Ville crée une Commission mixte d'identification et contrôle de conformité. Propriétaires convoqués du 10 au 15 septembre, salle Kin Malebo, avec autorisations d'ouverture, dossiers techniques, documents sécurité. Inspections physiques depuis le 7 septembre sur : extincteurs, installations électriques, issues de secours, capacité d'accueil. Sanction annoncée : « Passé le délai du 15 septembre 2026, tout établissement dont le responsable ne se sera pas conformé sera fermé. » Au 8 octobre : aucune liste publique de salles fermées ou conformes n'a été publiée. L'opération « tolérance zéro » dans les 24 communes, lancée par le VPM Intérieur Jacquemain Shabani, est annoncée mais sans bilan chiffré. Mesure 2 : Les camions de pompiers C'est le point le plus cru, révélé par Radio France Internationale : Kinshasa, 24 communes, ne possède que 2 camions municipaux, offerts par la JICA japonaise, aujourd'hui en panne et jugés irrécupérables. 137 sapeurs-pompiers municipaux sont inactifs faute d'engins. La ville délègue à des opérateurs privés sous licence, mobilisables selon disponibilité et localisation. Pas un service public, un pis-aller. En octobre 2025, le gouverneur Daniel Bumba ordonnait une remise en état. Un an plus tard, véhicules « totalement amortis ». Annonces post-drame : 30 camions commandés selon l'Hôtel de Ville (sans coût, provenance, date d'arrivée), puis 50 camions annoncés par Daniel Bumba depuis Paris le 11 septembre. Au 8 octobre : aucun camion livré, aucune fiche technique publiée. La ville reste dépendante de la seule caserne de la Gombe, avec embouteillages, routes dégradées et ruelles étroites. Mesure 3 : L'injonction présidentielle 98e Conseil des ministres, 11 septembre, Cité de l'Union africaine. Minute de silence, condoléances, puis instructions fermes de Félix Tshisekedi : VPM Intérieur + ministres Hydraulique et Électricité + gouverneur + SNEL : contrôles renforcés, fermeture temporaire des sites à risque grave, extincteurs, alarmes, évacuation, conformité électrique, lutte contre branchements anarchiques ; Décentraliser les secours, numéro d'urgence, cartographie zones à risque, sensibilisation ; dans 30 jours : plan opérationnel avec besoins en équipements, déploiement territorial, responsabilités, calendrier. Échéance théorique : 11 octobre 2026. Le plan n'est donc pas encore exigible, mais aucun pré-rapport n'a filtré. Mesure 4 : Assistance aux victimes Le gouvernement provincial, via le vice-gouverneur, annonce une assistance aux familles de Panacée. Montants et nombre de familles non publiés. Verdict à J+33 : beaucoup d'annonces, un contrôle lancé, zéro équipement neuf visible, zéro bilan de fermeture publié, un plan attendu dans 3 jours. Feux délibérés, fatalité ou buzz ? La piste criminelle ? Aucun élément vérifié ne l'étaye pour Panacée ou Bukavu. Pas de revendication, pas d'enquête pour incendie volontaire annoncée, causes documentées ailleurs : court-circuit à Saint-Pierre, maison d'habitation à Bukavu, installations précaires en bois, promiscuité à Kadutu. La société civile du Sud-Kivu parle de « manque d'anticipation collective », de non-respect des normes d'urbanisme, de taxes perçues sans protection en retour, pas de pyromanie organisée nous rapporte Radio Okapi. Le buzz ? Oui, en partie, mais il n'invente pas la série. Les réseaux amplifient, confondent (le Collège Boboto n'a pas brûlé, contrairement à des posts viraux), recyclent des images de 2025. Cet effet loupe donne l'impression d'une vague soudaine. Mais les morts de Lingwala et de Bukavu sont réels, les camions en panne sont réels, l'appel au Rwanda est réel. Le buzz n'explique pas 41 morts. La bonne lecture : une vulnérabilité structurelle révélée par deux drames rapprochés, puis surexposée. Kinshasa cumule : raccordements anarchiques SNEL, salles sans issues de secours, un seul point de départ secours pour 24 communes, 137 pompiers sans camions. Bukavu cumule : habitat bois dense, écoles accolées, aucune capacité locale. 5 leçons à tirer, concrètement 1. Compter juste, vite. Trois bilans pour Panacée, quatre pour Bukavu en 24h. Chaque révision nourrit la méfiance. Leçon : un porte-parole unique, un bilan hospitalier consolidé, une mise à jour horodatée. 2. Le contrôle ne vaut que publié. Convoquer 10-15 septembre sans publier qui est conforme et qui est fermé, c'est une opération sans preuve. Publier la liste, commune par commune, ferait plus pour la prévention que 50 communiqués. 3. Des camions, pas des promesses. 2 camions pour 17 millions d'habitants estimés, c'est 0. Le besoin chiffré dès 2023 était de 30 minimum. Tant que le bon de commande, le fournisseur et la date de livraison ne sont pas publics, 30 ou 50, c'est le même zéro opérationnel. 4. L'électricité est le premier pompier. Court-circuit, câbles non sécurisés, branchements anarchiques : chaque compte-rendu cite le risque électrique. Sans audit SNEL + mise aux normes des salles et écoles, le prochain mariage, le prochain marché brûlera pareil. 5. Décentraliser ou subir. Gombe seule ne peut couvrir tout Kinshasa en heure de pointe. Bukavu appelant Kigali le prouve : sans casernes d'arrondissement, extincteurs obligatoires et numéro d'urgence unique qui répond, la solidarité des voisins reste le seul plan d'intervention. 30 jours après le mariage endeuillé de Kinshasa la salle des fêtes Panacée, la RDC n'a pas éteint le problème. Elle l'a nommé. Le plan du 11 octobre dira si on passe du deuil aux actes.
- Léopards RDC : 6 à intégrer, 8 à sortir après la trêve de Septembre/Octobre 2026
La trêve est terminée et le message est clair : l'équipe nationale de la RDC entre dans une nouvelle phase. Fini les statuts acquis. Sébastien Desabre, son staff avec l'appui de la FECOFA et du Ministère des sports ont fait un travail efficace de l'ombre. Aujourd'hui, on connaît le 11 de départ, et surtout, on voit la logique : rajeunir le banc, renforcer le talent, préparer la relève sans casser la dynamique, on décrypte ensemble sur l'avenir des Léopards : qui doit entrer, qui doit sortir, et qui joue sa place. Quelques joueurs titulaires des Léopards de la RDC : Brian Cipenga, Nathanael Mbuku, Samuel Moutoussamy, Yoane Wissa, Ngalayel Mukau et Noah Sadiki. IN : le sang neuf que les congolais attendaient 1. Ndezi, Banzuzi, Kadile et Mavididi : le quatuor d'impact Ce ne sont pas des paris pour faire joli. Ce sont des profils qui répondent à un manque précis dans le football congolais actuel : intensité, percussion, capacité à changer un match en 20 minutes. Ndezi apporte de la puissance et de la projection. Banzuzi, du volume et de la justesse technique au milieu. Kadile, de la vitesse et de la verticalité sur les côtés. Mavididi, de l'expérience des grands championnats et une vraie menace dans la profondeur. Dans le système Desabre, où Mbuku, Cipenga et Wissa animent l'attaque du 11 type, ces quatre-là sont des alternatives crédibles, pas des doublures passives. 2. Makengo et Pedro : les remplaçants pour grandir Makengo et Pedro ne viennent pas pour être titulaires demain. Ils viennent pour apprendre, s'imprégner du groupe, saisir leur chance en cas de blessure, suspension ou match verrouillé. C'est exactement comme ça qu'on construit un banc qui gagne : on ne convoque pas 23 stars, on convoque 11 titulaires + 12 joueurs capables d'entrer sans faire baisser le niveau. Leur intégration progressive est un investissement. 3. Mokio : le cas qui fâche Sur le papier, oui. Dans les faits, non. Actuellement, Mokio n'est pas éligible. Il est inutile de spéculer : tant que sa situation administrative n'est pas résolue, il ne peut pas rejoindre les Léopards de la RDC. Une fois réglée, il ne fait aucun doute qu'il devrait figurer parmi les 23 de Sébastien Desabre. OUT : 8 noms qui doivent laisser la place Selon notre rédaction, il s'agit de : Bongonda, Bertaud, Tshibola, Elia, Baka, Bantubinska, Muleka et Pululu. Ce n'est pas un manque de respect, mais simplement la logique du haut niveau. Certains ont donné, d'autres n'ont jamais vraiment saisi leur chance, d'autres ne correspondent plus au rythme et à l'exigence actuels. Bongonda et Élia ont eu leur fenêtre. Muleka et Pululu n'ont pas verrouillé leur statut de jokers. Bertaud, Tshibola, Bantubinska et Baka ne s'imposent plus face à la concurrence qui arrive : plus jeune, plus intense, plus décisive en club. Sortir du groupe aujourd'hui ne veut pas dire porte fermée à vie. Mais à date, garder ces 8 freinerait le rajeunissement du banc. ENTRE DEUX EAUX : Léopards RDC 6 à intégrer 8 à sortir après la trêve Edo Kayembe et Kambwala peuvent encore servir Ni garantis titulaires, ni à écarter. Edo Kayembe connaît le groupe, le vestiaire, les matchs couperets africains. Kambwala offre de la polyvalence défensive précieuse sur une campagne longue. Dans un groupe de 23-26, tu as besoin de 2-3 profils comme eux : fiables, sans ego, capables de dépanner à plusieurs postes. Les garder comme relais d'expérience, oui. Les installer comme indiscutables, non. Mbamba, Idumbo, Maghoma, Musaba et Stroyskens avertis Le message est envoyé, et il est salutaire : personne n'est à l'abri. Mbamba, Idumbo, Maghoma et Musaba sont prévenus. Le talent ne suffit plus. Il faut de la régularité en club, de l'impact à chaque entrée, de la discipline tactique. Sans oublier Stroyskens, qui doit prester en club et aussi hausser le curseur s'il veut entrer dans la rotation. Desabre installe une concurrence saine : tu performes, tu restes. Tu stagnes, tu sors. On connaît le 11, le banc se rajeunit À date, la hiérarchie est lisible : Épolo — Mbemba, Tuanzebe, Masuaku, Wan-Bissaka — Sadiki, Mukau, Moutoussamy — Mbuku, Cipenga, Wissa. C'est solide, expérimenté et complémentaire. Mbemba et Tuanzebe verrouillent l'axe, Masuaku et Wan-Bissaka apportent l'équilibre défensif et la projection, Sadiki-Mukau-Moutoussamy donnent le volume au milieu, et le trio Mbuku-Cipenga-Wissa assure vitesse et finition. La vraie nouveauté n'est donc plus le 11. C'est le banc : plus jeune, plus talentueux, avec des entrants qui peuvent changer un match, pas juste le finir. Léopards RDC 6 à intégrer 8 à sortir après la trêve. Sébastien Desabre, le staff technique, la Fecofa et le Ministère des Sports ont réalisé un travail de l'ombre. C'est comme ça qu'on construit une équipe capable d'enchaîner, pas juste de briller une trêve. Verdict : trancher maintenant, c'est éviter de subir à la prochaine grande compétition.
- « Jugés sur la base de la vérité » : la confession intégrale d'Axel et Laurine Lévi
Bonjour à tous, ici Axel et Laurine Lévi. C'est par ces mots simples, visage grave, que s'ouvre la vidéo du couple au sujet du scandale qui secoue depuis plusieurs jours le monde évangélique francophone. Pas de décor d'église, pas de prédication. Un couple assis face caméra, venu simplement « demander pardon » et « confesser toute l'histoire, toute la vérité ». Une vidéo de rupture : celle par laquelle les anciens pasteurs principaux des églises MFD reconnaissent publiquement des années d'adultères croisés, annoncent leur retrait total de la gestion des églises, et tentent d'éteindre un flot de rumeurs, de faux témoignages et de cyberharcèlement. Axel et Laurine Levi, couple pastoral de l'église MFD en France, au centre d'une controverse qui secoue le milieu évangélique francophone en septembre et octobre 2026 Voici, fidèlement restitué à partir de leurs propres paroles, ce qu'ils ont dit — et ce que cela signifie. 1. Une ouverture en forme de triple pardon, la confession intégrale d'Axel et Laurine Lévi Dès les premières secondes, le ton est donné. Le couple ne cherche ni à se justifier, ni à contre-attaquer. Ils demandent pardon à trois cercles : À l'ensemble du Corps du Christ dont ils disent faire partie ; Aux membres, pasteurs et serviteurs des églises MFD ; À tous ceux et celles qui ont été blessés d'une quelconque manière « par nos paroles, par les nouvelles, par nos actions ». « Nous comprenons votre tristesse, votre déception, votre douleur et votre colère. Nous assumerons les conséquences de nos actions », déclare Axel Lévy. Précision importante, martelée deux fois : cette confession n'est pas faite « pour nous dédouaner de quoi que ce soit ». Elle est faite, disent-ils, « pour que nous soyons jugés sur la base de la vérité et la vérité seule ». Une vérité qui, selon eux, « n'excuse rien », mais qui peut « sauver, avertir, voire même délivrer d'autres ». C'est la ligne théologique de toute la vidéo : la chute exposée comme avertissement. 2. Mariés à 22 ans : amour, grossesse et peur du ministère Pour comprendre, le couple remonte à l'origine : 2015. Axel et Laurine se marient à 22 ans. Ils s'aimaient, disent-ils, mais un événement précipite tout : Laurine est tombée enceinte hors mariage. Le mariage, idéalement envisagé pour 2017, est avancé à 2015. Axel le reconnaît sans détour : il a épousé Laurine par amour, mais aussi parce qu'il « ne voulait pas être mis de côté dans [son] futur ministère à cause d'un enfant hors mariage ». Quelques mois après le mariage naît leur premier garçon. Et presque en même temps naît l'église MLT, devenue ensuite le réseau MFD. La suite tient en une phrase lucide et terrible : « nouvellement mariés, nouveaux parents et jeunes pasteurs ». Avec le recul, Axel estime qu'ils n'étaient « pas du tout aptes à endosser toutes ces responsabilités en même temps ». « J'ai cru, moi par orgueil, que nous pourrions le faire », ajoute-t-il. C'est le premier aveu structurel de la vidéo, avant même les aveux moraux : un couple trop jeune, propulsé trop vite à la tête d'une œuvre, sans accompagnement, sans pause, sans aide. 3. 2018, 2019 : la chronologie d'un foyer brisé à deux Vient ensuite le plus douloureux : « Concernant les fautes d'adultère, sur nos 11 ans de mariage, nous avons été adultères tous les deux. » La chronologie donnée est la suivante : 2018 : Axel tombe le premier. Il reconnaît avoir été adultère « avec des femmes ». Il dit avoir tout confessé à sa femme. Blessée, Laurine décide de lui pardonner. Lui décide alors de « se battre pour ne plus jamais recommencer ». 2019 : Laurine tombe à son tour. Elle lui avoue l'avoir trompé « avec des hommes ». La réaction d'Axel est violente : « Je suis rentré dans une colère noire. Puis j'ai voulu divorcer, car je ne supportais pas du tout la nouvelle. » Pourquoi ne divorcent-ils pas ? Par peur, reconnaît-il : « J'ai eu peur de divorcer à cause du ministère. J'avais peur de tout perdre à cause du divorce. » Le couple dit avoir confessé ses péchés à des amis, des connaissances et à leur pasteur. Mais, pensant « pouvoir s'en sortir tout seul », ils refusent une aide profonde. « Ça a été la catastrophe », résume Axel. Les phrases qui suivent décrivent un engrenage classique des couples pastoraux en crise : garder la face devant l'église alors qu'à la maison « le foyer était totalement brisé ». Malgré, disent-ils, « de purs moments de vrai bonheur » et un amour réel l'un pour l'autre, chacun replonge : Axel : « J'ai commis par la suite d'autres adultères. Et je me réfugiais dans ces relations pour fuir l'état de mon mariage ainsi que pour éviter le divorce. » Laurine : « Et moi aussi, j'ai encore été adultère par la suite. Car le foyer étant détruit, je cherchais à être aimée, désirée chez d'autres hommes malgré le fait que c'est Axel que j'aime. » Deux quêtes miroirs : être aimée, être respecté. Deux fuites qui détruisent ce qu'elles prétendent soulager. « Toutes nos fautes ont été exposées aujourd'hui parce que Dieu voulait sûrement nous sauver là où nous pensions nous sauver en demeurant dans l'adultère », concluent-ils. 4. « Par peur, par orgueil, je n'ai pas confessé » : les pères manqués Un des passages les plus forts concerne les mentors qu'ils n'ont pas osé solliciter. Axel cite nommément : son pasteur, le pasteur Timothy, l'apôtre Ivan Castanou — « à qui Dieu nous avait connectés pour que nous puissions dire certaines choses » —, ainsi que l'apôtre Mohamed Sanogo ou encore l'apôtre Marcelo. « Par peur, par orgueil, je n'ai pas confessé », dit-il. Et il endosse la responsabilité : « En tant que l'autorité et le chef de la famille, j'aurais dû sortir ma famille de ce traquenard, de ce gouffre. Mais j'avais peur. J'avais peur de ce qu'on penserait de moi. J'avais peur de tout perdre. » Il leur demande pardon « d'avoir tourné le dos alors qu'ils auraient pu nous aider ». C'est une autocritique du leadership charismatique : l'image protégée au détriment de la guérison. Le couple affirme que Dieu les connectait « de plus en plus pour notre salut ou pour notre délivrance », mais qu'ils ont choisi le silence. 5. Ce qu'ils démentent : OnlyFans, membre d'église, fauteuil roulant Autour de la polémique, reconnaissent-ils, il y a eu « beaucoup de fausses informations, de faux témoignages, beaucoup de spéculations et beaucoup de cyberharcèlement ». Ils veulent donc clarifier quatre points : 1. Une seule femme mariée, pas plusieurs. Axel affirme : « Je n'ai jamais eu de relation avec plusieurs femmes mariées. C'était une seule, une seule femme mariée. » Il demande pardon publiquement à son mari : « Je comprends sa colère, je comprends tout ce qu'il peut ressentir. [...] Je m'en voudrai toute ma vie. » 2. Jamais de compte OnlyFans. « Je n'ai jamais eu de compte OnlyFans », affirme-t-il. 3. Jamais d'adultère avec un membre de l'église. Démenti formel également. 4. Jamais de violences ayant conduit au fauteuil roulant. C'est le démenti le plus détaillé. Laurine s'était retrouvée en fauteuil roulant après une chute lors d'une sortie à l'accrobranche avec des sœurs de l'église, pas après des coups. Axel reconnaît en revanche « des gestes ou des comportements agressifs ainsi que violents à chaque fois que j'ai appris pour ces adultères ». Il précise aussitôt : « L'adultère ne justifie pas l'agressivité, peu importe sa forme ». Il ajoute un point d'honneur : le prophète Jonathan Gambela « n'a rien à voir avec cette histoire. Il n'était même pas au courant, ni de loin, ni de près. » 6. « Nous ne sommes plus les pasteurs des églises MFD » La vidéo se termine par trois annonces concrètes : Le retrait. « Nous ne sommes plus les pasteurs des églises MFD, et nous croyons que les pasteurs qui sont en place feront un très bon travail. Nous n'avons plus aucun pouvoir de gestion au sein des églises. » Axel demande pardon de « ne pas s'être arrêté plus tôt », de « ne pas avoir pris la décision de se faire aider ». Il affirme malgré tout : « Je vous ai toujours prêché la vérité. Je vous ai toujours prêché le vrai évangile. Je n'ai jamais prêché un message dilué. » La restauration. Le couple dit vouloir « travailler à notre restauration individuelle, notre restauration aussi en tant que couple ». « Nous croyons que Dieu restaure, nous croyons que Dieu pardonne », répètent-ils. Le pardon aux accusateurs. Dernier geste : « Nous pardonnons à tous ceux qui ont menti, tous ceux qui disent des faussetés sur nous. » PETITE ANALYSE FINALE Que retenir, au-delà de l'émotion sur la confession intégrale d'Axel et Laurine Lévi? 1. Une communication de crise maîtrisée sur la forme. Aveu mutuel, pas de minimisation, chronologie assumée, démentis précis sans attaquer les victimes, demande de pardon répétée, annonce de retrait. Sur le plan médiatique, c'est exactement ce qu'attendent les fidèles après un scandale : vérité, responsabilité, sanction. 2. Un diagnostic pastoral lucide. Le couple met le doigt sur trois failles systémiques des jeunes ministères : mariage précipité sous pression de l'image, triple fardeau simultané — couple, parentalité, pastorat — et peur de perdre le ministère qui empêche le divorce comme la demande d'aide. « Garder la face devant l'église alors qu'on aurait dû se faire aider », c'est la phrase qui devrait faire réfléchir toutes les jeunes œuvres. 3. Des zones d'ombre qui restent. Le format de 10 minutes ne permet pas tout : aucune date précise sur la durée des suspensions, aucun détail sur l'accompagnement thérapeutique et spirituel engagé, aucune parole des victimes directes, notamment du mari trompé. La restauration annoncée devra être prouvée par le temps et le silence, pas par une nouvelle série de vidéos. En somme : une chute confessée à deux voix, un leadership qui s'efface, une restauration qui commence. Aux fruits, désormais, on jugera.
- Scandales qui ont secoué les églises évangéliques francophones depuis 2020 — TOP 10
Depuis dix ans, les églises évangéliques et les églises de réveil grandissent vite à Kinshasa, Abidjan, Yaoundé, en Île-de-France et à Montréal. Elles offrent aux fidèles une communauté, un soutien et de l'espoir. Cette croissance a aussi un revers : l'autorité spirituelle s'exerce souvent sans contrôle, l'argent circule en espèces ou par virement sans vérification, et les victimes ont peur de parler. Voici 10 affaires sexuelles ou financières documentées par la presse. Certaines ont abouti à une condamnation, d'autres à un non-lieu ou à une relaxe. Nous indiquons à chaque fois où en est la justice. Les pasteurs Axel Levi, Paul Mukendi & David Storm dont les noms circulent dans des scandales qui ont secoué les églises évangéliques francophones 1. Paul Mukendi (Québec / RDC) : condamné au Canada, réfugié à Kinshasa Né à Lubumbashi en 1977, Paul Mukendi dirigeait le Centre évangélique Parole de Vie à Québec. En février 2020, il est condamné à 8 ans de prison pour agressions sexuelles et physiques sur une adolescente. En juillet 2021, il est également condamné pour fraude fiscale. En août 2021, la Cour d'appel du Québec rejette son appel. Le même mois, il quitte le Canada pour la RDC, où il continue de prêcher. En décembre 2021, un second procès le reconnaît coupable d'une autre agression sexuelle. Son parcours montre comment un pasteur peut échapper à la justice en changeant de continent. 2. Axel Levi et l'Église MFD (France) : la chute d'une étoile montante du gospel C'est l'affaire la plus récente de ce classement. Le 27 septembre 2026, l'apôtre Axel Levi et la pasteure Laurine Levi, fondateurs de l'Église Mission Faiseur de Disciples (MFD), sont suspendus. Le lendemain, un communiqué officiel annonce leur destitution de « toutes leurs fonctions ministérielles » pour des « faits très graves », sans les détailler. Dans une lettre ouverte, Axel Levi reconnaît l'adultère et des relations sexuelles avec des femmes de son église et hors de son église, qu'il présente comme consenties. Il nie toute contrainte. Des accusations d'abus circulent sur les réseaux sociaux, mais aucune procédure judiciaire n'a été rendue publique à ce jour. Laurine Levi a demandé pardon publiquement le 29 septembre. De nouveaux pasteurs dirigent désormais les assemblées MFD. Du côté de Laurine Levi, la situation est plus floue. Elle a été destituée en même temps que son mari, le communiqué de l'Église évoquant des « faits très graves » au pluriel et visant explicitement les deux époux. Une vidéo circule toutefois dans laquelle on la voit à genoux, en pleurs, demandant pardon aux fidèles et reconnaissant avoir « failli » à son rôle de pasteure : « J'étais censée être un exemple, une bonne bergère et par mes actions je ne l'ai pas forcément été tout le temps. » Des rumeurs d'infidélité la concernant circulent sur les réseaux sociaux, mais aucun document officiel ne les reprend, et des allégations de violences conjugales dont elle aurait été victime n'ont pas non plus été confirmées par une source officielle. Sur le versant des collaborateurs, une ancienne responsable de la communication de MFD, prénommée Naomie, témoigne : elle dit avoir observé à partir de l'été 2024 les relations extraconjugales du pasteur, puis avoir « fait tomber le château de cartes » en août. Elle affirme que ces femmes, bien que consentantes, ont pu subir manipulation et abus de pouvoir — une lecture que le droit ne retient pas automatiquement. Trois jours après Axel et Laurine Levi, l'Église MFD a annoncé le mardi 29 septembre 2026 le retrait de la prophétesse Déborah Valetudie, responsable de l'antenne MFD Montréal, « destituée de toutes ses fonctions ministérielles avec effet immédiat ». Le communiqué parle, comme pour les époux Levi, de « fautes très graves » — sans préciser lesquelles : ni abus sexuel, ni abus spirituel, ni détournement d'argent n'y sont mentionnés. Cette troisième destitution en une semaine, sur deux continents, a nourri une question qui tourne sur les réseaux sociaux : « Qui était au courant et qui n'a pas parlé ? » 3. Charles Bameko (Pantin, France) : 2 millions d'euros de dons détournés Charles Bameko dirige l'église Bonne Semence Transmise (Bostra) à Pantin. Sa chaîne YouTube compte environ 205 000 abonnés. Pendant des années, ses prêches diffusés en ligne affichaient un RIB et appelaient aux dons pour des orphelinats, des écoles et des hôpitaux en Afrique. Selon l'accusation, plus de 2 millions d'euros ont en réalité été répartis entre ses comptes personnels, professionnels et associatifs. C'est Tracfin, la cellule anti-blanchiment, qui a alerté la justice. Le 18 janvier 2024, le tribunal de Créteil le condamne à 3 ans de prison. Sa compagne est condamnée pour recel. 4. L'église ACER (France) : soupçons de dérives sectaires L'ACER (Assemblée Chrétienne pour l'Évangélisation et le Réveil), fondée par l'apôtre Alain Patrick Tsengue, est implantée dans toute la France et revendique environ 2 000 fidèles. En 2023, elle fait l'objet d'une vingtaine de signalements à la Miviludes, l'organisme public de lutte contre les dérives sectaires. D'anciens fidèles parlent d'isolement, de jeûnes imposés, de fortes pressions financières et de ruptures familiales. Certains avaient été recrutés alors qu'ils étaient mineurs. Le parquet de Bobigny ouvre une enquête préliminaire, que franceinfo décrit comme portant sur des faits d'« abus de faiblesse ». L'église dément et qualifie ces accusations de « sans fondement ». Aucun jugement n'a été rendu à ce jour. 5. Moïse Mbiye (Kinshasa) : une affaire qui a divisé la RDC, classée sans suite En janvier 2020, des images intimes attribuées à Moïse Mbiye, pasteur de la Cité Bethel et chanteur gospel très populaire, circulent sur les réseaux sociaux. Une jeune femme, Eliane Bafeno, l'accuse de viol, d'avortement et de menaces. Il est convoqué par la justice le 3 février 2020 et reste libre pendant l'instruction. Il appelle ses fidèles au calme. Le 30 septembre 2020, l'affaire est classée sans suite. Aucune condamnation n'a donc été prononcée. Le débat a pourtant durablement marqué le milieu gospel congolais. Scandales qui ont secoué les églises évangéliques francophones depuis 2020 — TOP 10. 6. Mike Kalambay (Kinshasa) : un scandale intime qui ressurgit en 2026 En mars 2022, des contenus intimes et des échanges privés entre le pasteur et chantre Mike Kalambay et la chanteuse Zawadi Ntamwenge sont diffusés sur les réseaux sociaux. L'affaire secoue tout le gospel congolais. Mike Kalambay, dont l'état de santé inquiète alors, renonce à son rôle d'ambassadeur de Maajabu Gospel, qui avait déjà préparé la rupture de son contrat. En août 2026, la polémique revient. Son second mariage est annoncé pour le 30 octobre 2026, et Zawadi Ntamwenge lui demande publiquement un test ADN pour établir la paternité d'un enfant. Il s'agit d'une affaire morale et médiatique : aucune procédure judiciaire n'est connue à ce jour. 7. Dieunedort Kamdem (Cameroun / Côte d'Ivoire) : l'affaire Gesem Dès 2015, Le Monde décrit l'empire du fondateur de la Cathédrale de la Foi à Yaoundé, organisé autour de la holding Kanodi Ministry Communication. En 2018, son nom est associé à Gesem Groupe, une société de placement d'argent accusée d'escroquerie. Il a quitté le Cameroun en 2017 et y est recherché pour « escroquerie aggravée ». En novembre 2019, la justice ivoirienne le déclare « non coupable », estimant qu'il a lui-même été victime de Gesem. Il est depuis revenu au Cameroun. L'affaire a donc été très médiatisée, mais elle s'est terminée par une relaxe. 8. Guy John Imani Kasongo (Québec) : le « père spirituel » condamné Guy John Imani Kasongo, 48 ans, prêchait depuis près d'un an à l'Église universelle de Jésus-Christ à Québec. Il est arrêté en juin 2025 après la plainte d'une jeune fidèle pour agressions sexuelles répétées. En septembre 2025, Radio-Canada publie le témoignage de deux autres femmes vivant à l'étranger. Elles disent qu'il s'est servi de leur foi pour abuser d'elles, sans avoir porté plainte. En juin 2026, il est condamné à 4 ans de prison. La victime le considérait comme son « père spirituel » : on retrouve cette emprise dans de nombreuses affaires. 9. Mwinda Lezoka (Montréal) : 268 000 $ et 14 ans de procédure Ce pasteur de Montréal était accusé d'avoir escroqué ses propres fidèles. Le montant retenu par la justice est de 268 000 dollars et la peine prononcée est de 30 mois de prison. Il aura pourtant fallu 14 ans de délais judiciaires avant qu'il commence à la purger, en août 2025. L'affaire montre à quel point il est difficile d'obtenir justice quand l'argent a été donné au nom de la foi. Elle rappelle aussi qu'un pasteur à qui l'on confie de l'argent doit en rendre compte. 10. David Storm (La Réunion) : le prédicateur en fuite David Storm était déjà connu à La Réunion pour avoir diffusé des images de la destruction d'une chapelle hindoue. En juin 2020, deux plaintes pour viols sur mineures sont déposées contre lui. Il quitte l'île la même année. Il est ensuite poursuivi pour trois viols et un abus de faiblesse sur des adolescentes. En mars 2026, le tribunal de Saint-Pierre le condamne en son absence à 2 ans de prison, et son épouse à 18 mois. Selon la presse locale, il serait mort dans un accident au Togo, mais cette information n'est pas confirmée. Conclusion, Scandales qui ont secoué les églises évangéliques francophones depuis 2020 Ces dix affaires ont des points communs : un pasteur qui concentre tous les pouvoirs, des dons sans contrôle, des victimes jeunes ou fragiles, et une communauté qui préfère se taire. Les cas Axel Levi et Mike Kalambay montrent aussi que les réseaux sociaux lancent désormais les scandales plus vite que les tribunaux. Il faut donc bien distinguer une rumeur, un aveu, une enquête et une condamnation. Des solutions existent : une comptabilité transparente, une instance de contrôle indépendante du pasteur, et un signalement systématique des violences à la justice. Chaque affaire traitée avec rigueur protège aussi les nombreux fidèles et responsables honnêtes, qui sont les premiers à souffrir quand l'image de leur église est salie.
- Zimbabwe 1-2 RDC : Wissa et Moutoussamy font le job, Epolo sauve la victoire
Six points sur six. Sur le papier, le début des éliminatoires de la CAN 2027 est parfait pour les Léopards. Sur le terrain, la victoire 2-1 à Harare face au Zimbabwe laisse pourtant un sentiment mitigé. La RDC a été efficace quand il le fallait, mais elle a aussi gâché beaucoup d'occasions et a dû compter sur un Mathieu Epolo des grands soirs. Matthieu Epolo décisif lors de Zimbabwe- RDC, Les Léopards ensemble au milieu du terrain, Yoane Wissa dans les bras de Sébastien Desabre après son but. Un 4-3-3 dans la continuité Après le succès 2-0 contre la Guinée Équatoriale, Sébastien Desabre reste fidèle à son 4-3-3, avec une nouveauté forte : Junior Kadile, qui avait fêté sa première sélection trois jours plus tôt, est titulaire. Gardien : Epolo Défense : Wan-Bissaka, Mbemba, Tuanzebe, Kayembe Milieu : Moutoussamy, Sadiki, Mukau Attaque : Kadile, Mbuku, Wissa Un terrain qui complique tout Il faut le dire sans complaisance : la pelouse de Harare n'a pas aidé. Les rebonds étaient imprévisibles et le ballon changeait souvent de direction. Le contraste est net avec la nouvelle pelouse du Stade des Martyrs, bien meilleure. Dans ces conditions, le jeu court et technique des Léopards a souvent été gêné. Wissa ouvre le score, Epolo tient la baraque Malgré le terrain, la RDC prend l'avantage à la 29e minute. Yoane Wissa, toujours aussi tranchant, ouvre le score : Zimbabwe 0-1 RDC. Les Zimbabwéens réagissent et, à la 35e minute, le match aurait pu basculer. Mathieu Epolo sort deux arrêts héroïques coup sur coup, à chaque fois en face-à-face. Sans lui, le score aurait pu être à égalité à ce moment-là. Le gardien confirme qu'il est l'un des hommes forts de ce début de campagne. Le coup parfait juste avant la pause À la 45e minute, Wissa passe cette fois au rôle de créateur. Il élimine plusieurs adversaires au milieu du terrain, puis sert Moutoussamy, qui marque le deuxième but. Zimbabwe 0-2 RDC : le but tombe au meilleur moment, juste avant la mi-temps. Wissa termine avec un but et une passe décisive. Après son but contre la Guinée Équatoriale, il reste le joueur le plus décisif des Léopards. Une deuxième période plus terne À la pause, Brian Cipenga remplace Junior Kadile. Mais la seconde mi-temps change de visage. La RDC contrôle moins, et surtout elle rate trop d'actions dans le dernier geste. Les séquences sont souvent bien lancées, puis mal terminées. Avec plus de réalisme, le match aurait pu être plié bien avant la fin. Les changements au milieu en question. Desabre modifie ensuite son entrejeu : 66e minute : Edo Kayembe remplace Ngalayel Mukau 74e minute : Aaron Tshibola remplace Noah Sadiki 83e minute : Simon Banza remplace Yoane Wissa, et Théo Bongonda remplace Nathanael Mbuku Sans complaisance, les entrées de Tshibola et d'Edo Kayembe n'ont pas apporté grand-chose. Le milieu a perdu en intensité et en capacité à garder le ballon, ce qui a permis au Zimbabwe de reprendre confiance dans le dernier quart d'heure. Une fin de match à suer froid À la 90e minute, Epolo réalise un nouvel arrêt décisif. Mais quelques instants plus tard, sur un corner, il manque sa sortie et Munetsi en profite pour réduire l'écart. Zimbabwe 1-2 RDC. C'est le seul point noir d'un match autrement excellent pour Epolo. Sans ses trois arrêts décisifs, la RDC ne repartirait sans doute pas de Harare avec les trois points. Ce qu'il faut retenir Le bilan comptable est idéal : deux matchs, deux victoires, quatre buts marqués. Wissa est en grande forme, Epolo s'impose dans les cages et Moutoussamy apporte du danger depuis le milieu. Il reste cependant des chantiers : le manque de réalisme devant le but, la baisse de niveau après les changements et la fragilité sur coups de pied arrêtés en fin de match. Contre des adversaires plus forts, ces erreurs pourraient coûter cher. Wissa et Moutoussamy font le job Epolo sauve la victoire. Les Léopards sont bien lancés vers la CAN 2027. Il faudra maintenant gagner avec plus de sérénité.
- RDC : crash de Kenge, marche de l'UDPS, victoire des Léopards… les 10 infos qui ont marqué la semaine
Il y a des semaines où l'actualité congolaise se résume à un seul mot : deuil. Le crash de Kenge a emporté les deux plus hauts responsables de la justice militaire du pays, et la RDC entre dans trois jours de deuil national. Dans le même temps, Kinshasa a marché pour la révision de la Constitution, la Haute Cour militaire a ouvert le procès de la chute de Bukavu, et les Léopards ont lancé leurs éliminatoires par un 2-0. De la rue au tribunal, du stade au sommet de l'ONU, voici les informations vérifiées de la semaine — et ce qui va faire la Une cette nouvelle semaine. Lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC, et le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi, Premier président de la Haute Cour militaire. La Première ministre Judith Suminwa à l'assemblée générale de L'ONU. Les agents de la riposte contre Ebola en Ituri. 1. Crash de Kenge : 17 morts, dont les deux chefs de la justice militaire Vendredi 25 septembre, un Let L-410 exploité par Tracep Congo Aviation s'est écrasé près de Kenge, dans la province du Kwango. Le bilan est de 17 morts. Parmi les victimes figurent les deux plus hauts responsables de la justice militaire du pays, le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC, et le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi, Premier président de la Haute Cour militaire. C'est un choc pour l'appareil judiciaire, qui porte en ce moment plusieurs procès sensibles liés à la guerre dans l'Est. Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national, et les drapeaux seront en berne à partir du lundi 28 septembre jusqu'à l'inhumation. Les causes de l'accident ne sont pas connues : l'enquête doit les établir. Sur les réseaux, les spéculations circulent déjà, et il faut les traiter avec prudence. C'est de loin l'information la plus commentée de la semaine. 2. Tracep interdite de vol : la sécurité aérienne à nouveau en question Samedi 26 septembre, le gouvernement a suspendu le certificat de transporteur aérien de Tracep Congo Aviation. Tous les avions de la compagnie restent au sol jusqu'à la fin de l'enquête. C'est une sanction rapide, rare par son ampleur, et elle relance un débat ancien : l'état de la flotte intérieure, le contrôle des petits porteurs et la fiabilité des liaisons vers les provinces. Pour beaucoup de Congolais, ces lignes sont le seul moyen de rejoindre certaines régions. Les observateurs attendent maintenant le rapport d'enquête et la publication de ses conclusions. La question revient souvent en ligne : ce crash va-t-il enfin déclencher un audit de tout le secteur ? 3. L'UDPS montre sa force dans la rue pour la révision de la Constitution Le mardi 22 septembre, l'UDPS et ses alliés ont défilé en masse à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays. Le mot d'ordre était clair : soutenir le projet de modification de la Constitution voulu par le camp présidentiel. Le gouverneur Daniel Bumba avait demandé aux organisateurs de respecter l'itinéraire et l'ordre public. Selon Jeune Afrique, l'opposition risque de perdre la « bataille de la rue ». Le sujet divise profondément : les uns y voient une modernisation des institutions, les autres une manœuvre pour prolonger le pouvoir. Le débat sur les Articles 220 et 70 revient dans chaque plateau télé et dans chaque commentaire. 4. La C64 s'indigne : « deux poids, deux mesures » après la marche de l'UDPS Jean-Marc Kabund accuse les autorités de traiter différemment la majorité et l'opposition. Il compare l'encadrement accordé à la marche de l'UDPS avec celui de la marche de la C64 du 15 septembre. Autre fait très commenté : RFI rapporte que les obsèques d'un opposant mort lors de la marche du C64 ont été empêchées à Kinshasa le 27 septembre. Pour l'opposition, c'est la preuve d'un espace civique qui se réduit. Pour le pouvoir, il s'agit de maintenir l'ordre public. Ce contraste entre les deux marches est l'un des sujets politiques les plus débattus de la semaine, et il devrait peser sur le dialogue national annoncé. 5. Justice : le procès de la chute de Bukavu s'ouvre à Kinshasa Le 25 septembre, la Haute Cour militaire a ouvert le procès de la chute de Bukavu, prise par l'AFC/M23 en février 2025. Deux officiers comparaissent : le général-major Robert Anvul Yav, alors commandant de la région militaire, et le général de brigade André Ehonza, qui dirigeait le secteur Sukola 2 Nord. Ils sont poursuivis notamment pour lâcheté et démoralisation des troupes. Le général Yav doit aussi répondre d'avoir engagé des combats sans disposer, selon l'accusation, d'un potentiel offensif suffisant. L'acte d'accusation revient sur la perte successive de Kalehe, Kavumu, Katana puis Bukavu. La prochaine audience est fixée au 9 octobre. C'est un procès historique, car il porte sur la responsabilité militaire dans la débâcle de l'Est. 6. Procès Philémon Yav : la Haute Cour militaire en délibéré Autre dossier très suivi : la Haute Cour militaire a clos les débats dans le procès du lieutenant-général Philémon Yav, ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense, et de son co-prévenu. Il est poursuivi notamment pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel. Le verdict doit tomber dans le délai légal. Le crash de Kenge, qui a tué les deux chefs de la justice militaire, pose une question très commentée en ligne : ces procès sensibles vont-ils suivre leur calendrier ? Aucune source officielle n'a annoncé de report à ce stade. Pour l'opinion, ces décisions seront un test de crédibilité pour la justice militaire. 7. Diplomatie : Judith Suminwa demande à l'ONU l'application des accords de paix Depuis la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, la Première ministre Judith Suminwa a rappelé que Kinshasa a choisi la voie diplomatique. Elle a cité l'Accord de Washington du 27 juin 2025 et le processus de Doha, et a demandé leur application effective. Au même moment, un inventaire publié par beto.cd fait le bilan de la résolution 2773, adoptée en février 2025. Ce texte exigeait le retrait des troupes rwandaises et la fin des administrations parallèles, et son application reste très partielle dix-neuf mois plus tard. Autre signal suivi de près : la Belgique a rétabli ses relations avec Kigali, tout en affirmant maintenir son soutien à l'intégrité territoriale de la RDC. Enfin, Amnesty International accuse le M23 d'organiser un trafic d'or et de coltan vers le Rwanda. 8. Société : une campagne nationale de désarmement civil jusqu'au 22 décembre Le 23 septembre, le gouvernement a lancé une campagne de désarmement civil volontaire, prévue jusqu'au 22 décembre. Les personnes qui détiennent des armes illégales sont invitées à les remettre. En échange, elles bénéficient d'une amnistie judiciaire, de l'anonymat et d'une contrepartie matérielle. Six zones sont concernées par cette première phase. L'objectif est de réduire la circulation des armes, alimentée par des années de conflits. Plusieurs questions restent ouvertes : les groupes armés et les civils de l'Est vont-ils réellement participer ? Les moyens de contrôle seront-ils suffisants ? Le bilan intermédiaire de la campagne sera très attendu. 9. Santé : l'épidémie d'Ebola reste un lourd fardeau Selon l'OMS RDC, au 23 septembre 2026, le pays a notifié 7 890 cas confirmés, dont 3 799 décès. Le taux de létalité est de 48,1 %, ce qui veut dire que près d'un malade confirmé sur deux est mort. Ces chiffres montrent l'ampleur de la crise sanitaire, qui s'ajoute aux crises sécuritaire et humanitaire. La riposte doit notamment surmonter l'accès difficile à certaines zones, la méfiance d'une partie des communautés et le manque de financements. Pour éviter la désinformation, les chiffres officiels de l'OMS et du ministère de la Santé restent la seule référence fiable. 10. Football et culture : les Léopards gagnent 2-0 et sont décorés Jeudi 24 septembre, au Stade des Martyrs, la RDC a battu la Guinée équatoriale 2-0 en ouverture des éliminatoires de la CAN 2027. Chancel Mbemba a marqué de la tête dès la 4e minute et Yoane Wissa a doublé la mise à la 72e. Les Léopards ont aussi touché deux fois la barre. Le président Tshisekedi, présent au stade, avait décoré la sélection le 22 septembre à la Cité de l'O.U.A pour son parcours. Sébastien Desabre veut maintenant enchaîner dans le groupe E. Côté club, le TP Mazembe a été éliminé dès la phase de groupes de son propre tournoi, organisé du 22 septembre au 3 octobre. À noter : Ce qui fera la Une cette semaine (28 septembre – 4 octobre) Deuil national à partir du 28 septembre, puis hommages et obsèques des victimes du crash de Kenge. On attend aussi les premières conclusions de l'enquête sur Tracep. Justice militaire : qui va assurer l'intérim à la tête des juridictions militaires ? Et quand tombera le verdict du procès Philémon Yav ? Zimbambwe - RDC : Lundi 28 septembre à Harare avec comme objectif : enchaîner et valider la route vers la CAN 2027 pour les Léopards de Sebastien Desabre. Léopards U23 : match contre la Mauritanie ce lundi 28 septembre à Nouakchott (18 h, heure de Kinshasa). Le retour aura lieu le 6 octobre au stade TP Mazembe. Révision de la Constitution : la réplique de l'opposition, après la marche de l'UDPS et l'interdiction des obsèques d'un militant du C64. Est du pays : les tensions internes à l'AFC/M23 autour de Sultani Makenga (révélées par Africa Intelligence), et la suite du processus de Doha.
- Mbemba et Wissa offrent la victoire 2-0 aux Léopards —Déroulé du match
Les Léopards sont injouables à domicile ! La RDC s'est imposée 2-0 face à la Guinée Équatoriale dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2027, au terme d'un match maîtrisé, spectaculaire et riche en rebondissements. Les Léopards de la RDC avant la rencontre face à l'Algérie lors de la CAN 2025 Dès la 4e minute, le ton est donné. Sur une passe décisive de Nathanael Mbuku, le capitaine Chancel Mbemba ouvre le score d'entrée et fait exploser le stade avec ses 18 000 spectacteurs autorisés à accéder dans les gradins. La RDC ne s'arrête pas là. Noah Sadiki puis Aaron Wan-Bissaka trouvent tour à tour la barre transversale en première mi-temps. Deux buts sont également refusés pour hors-jeu, un de chaque côté, toujours en première période. Le score aurait pu être bien plus lourd à la pause. Au retour des vestiaires, les Equato-Guinéens tentent de réagir, mais la défense congolaise tient bon. Et à la 72e minute, le break intervient : parfaitement servi par Aaron Wan-Bissaka, Yoane Wissa double la mise et scelle la victoire des Léopards. Le héros de la fin de match se nomme Mathieu Epolo. À la 90e minute, le gardien congolais réalise un arrêt décisif qui préserve le clean sheet et confirme la solidité de l'arrière-garde. Autre moment fort de la soirée : la première sélection de Junior Kadile, entré en jeu à la 88e minute sous les applaudissements. Avec ce succès 2-0 sérieux et convaincant, la RDC poursuit parfaitement sa campagne qualificative pour la CAN 2027. Mbemba et Wissa offrent la victoire 2-0 aux Léopards. Prochain rendez-vous pour les Léopards : lundi 28 septembre face au Zimbabwe en Afrique du Sud. Un nouveau test capital pour confirmer la dynamique dans ces éliminatoires de la CAN 2027, compétition finale qui se déroulera simultanément en Ouganda, au Kenya et en Tanzanie en juillet 2027.
- Mutamba condamné, marche C64, Genève, Léopards et Fally Ipupa - Le TOP infos qui ont secoué la RDC la semaine
Du 14 au 20 septembre 2026, la RDC a enchaîné les événements majeurs en politique, diplomatie, justice, football, musique et société, et il est facile de s'y perdre. Nous avons donc sélectionné et développé les informations pertinentes les plus commentées et les plus débattues, chacune sourcée et expliquée sans jargon. Constant Mutamba condamné à 10 ans de travaux forcés, La marche C64 du 15 septembre a bien eu lieu à Kinshasa, Les Léopards basculent vers la CAN 2027, rassemblement à Kinshasa Pour chaque sujet, des faits vérifiés, le contexte et le point de discorde qui anime les rédactions et les réseaux. Un bonus vous attend en fin d'article : les six sujets qui feront la Une de la nouvelle semaine. 1. JUSTICE : Constant Mutamba condamné à 10 ans de travaux forcés Le 18 septembre 2026, la Cour de cassation de Kinshasa a condamné l'ex-ministre de la Justice, Constant Mutamba, à dix ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics liés au Fonds de réparation des victimes, qu'il gérait durant sa campagne anticorruption. De figure anticorruption à détenu, sa chute est largement commentée à Kinshasa. Le verdict, après plusieurs reports, a intensifié les tensions autour du procès. Ses partisans dénoncent un procès politique, tandis que ses détracteurs y voient une preuve d'impartialité. Cette condamnation, qui ébranle le pouvoir, concerne l'un des anciens ministres les plus médiatiques. Le débat persiste sur l'appel, la grâce ou l'exécution intégrale de la peine. C'est le sujet le plus discuté de la semaine. Retrouver notre article complet sur le parcours atypique jusqu'à la chute de Constant Mutamba ici ➡ https://www.pulsionradio.com/post/constant-mutamba-grace-kutino-stratégie-diversion-politique 2. POLITIQUE : La marche C64 du 15 septembre a bien eu lieu à Kinshasa Mardi 15 septembre 2026, l'opposition a fait sa démonstration de force à Kinshasa après un accord de dernière minute avec l'Hôtel de ville sur l'itinéraire. La coalition C64 réunissait Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et Augustin Matata Ponyo, un front commun inédit. Mot d'ordre : protester contre tout projet de changement constitutionnel et contre la gouvernance sécuritaire dans l'Est. À Kinshasa, la marche a démarré après négociations, fortement encadrée par les forces de l'ordre, avec des perturbations signalées à partir de Limete. En provinces, le tableau est contrasté : dans la Tshopo la marche a été interdite, et au Maniema toute manifestation politique est interdite du 15 au 30 septembre pour raisons sécuritaires. Le 17 septembre, la C64 a annoncé des mesures de légitime défense et Fayulu a réclamé la démission du gouverneur de Kinshasa, l'accusant de mensonges sur l'encadrement. C'est la première fois depuis longtemps que ces cinq leaders défilent sous une même bannière. Les images ont dominé les débats : mobilisation réussie pour l'opposition, simple tolérance encadrée pour la majorité. La suite s'annonce tendue avec de nouvelles actions annoncées. Retrouver ici notre article complet sur le sujet et le braquage spéctaculaire qui a eu lieu à Kinshasa le même jour : https://www.pulsionradio.com/post/kinshasa-braquage-centre-ville-police-mobilisee-marche-c64-15-septembre-2026 3. DIPLOMATIE : RDC-Rwanda à Genève les 16 et 17 septembre, l'épreuve de vérité Kinshasa et Kigali se sont retrouvés les 16 et 17 septembre 2026 en Suisse pour la 7e session du mécanisme conjoint de coordination de la sécurité. À l'ordre du jour : l'application du traité de Washington, signé quinze mois plus tôt, toujours non appliqué selon les observateurs. Deux engagements bloquent tout : la neutralisation des FDLR par la RDC et le désengagement des mesures défensives rwandaises. C'est le cœur du deal : chaque partie accuse l'autre de ne pas exécuter sa part avant de faire la sienne. La MONUSCO a réaffirmé le 17 septembre son soutien au mécanisme de vérification du cessez-le-feu, avec le mécanisme élargi de vérification conjointe. Les discussions de Genève devaient préparer les prochaines étapes diplomatiques après Washington. Sur les réseaux congolais, le débat est vif : dialogue utile ou dialogue qui fait gagner du temps au M23 ? Ce qui est vérifié : aucune annonce de signature majeure à Genève, mais un retour sur deux engagements non exécutés. Genève n'a pas fait la paix, elle a mis les blocages sur la table. 4. DIPLOMATIE : Doha, seulement 2 protocoles signés sur 8 avec l'AFC/M23 Pendant que Genève discute du Rwanda, le processus de Doha avec l'AFC/M23 stagne également. Le cadre de Doha, distinct de Washington, engage l'État congolais et l'AFC/M23 sur huit protocoles, dont seulement deux sont signés. L'accord-cadre du 15 novembre 2025 est largement inabouti, selon les analyses récentes. Le M23, non signataire des accords de Washington, opère sous l'Alliance Fleuve Congo, en dialogue séparé avec Kinshasa. À Kinshasa, des voix comme celle de Nicolas Kazadi expriment le scepticisme : on peut dialoguer avec le M23, aller à Doha, signer à Washington, mais sans mise en œuvre. À l'Est, les dynamiques locales, agendas nationaux et manœuvres régionales alimentent le conflit. Les opinions divergent : dialogue direct à Kinshasa ou durcissement militaire ? La semaine révèle que Doha progresse lentement, Genève constate les retards, et Washington reste sans effet concret. Sans avancée sur les 6 protocoles restants, la paix demeure théorique. 5. FOOTBALL : Les Léopards basculent vers la CAN 2027, rassemblement à Kinshasa Le souvenir du Mondial 2026 est encore frais, mais place aux éliminatoires de la CAN 2027. Le début du rassemblement des Léopards à Kinshasa pour deux chocs : la RDC affrontera la Guinée Équatoriale le jeudi 24 septembre à Kinshasa, puis sera accueillie par le Zimbabwe le lundi 28 septembre à Harare. Le sélectionneur Sébastien Desabre a tenu une conférence de presse le vendredi 18 septembre à au siège de la FECOFA pour détailler la liste et les enjeux. Après une splendide Coupe du monde, les attentes sont énormes : les supporters exigent une qualification directe et un jeu conquérant au Stade des Martyrs. Le débat foot de la semaine : faut-il renouveler avec des binationaux ou garder l'ossature mondialiste ? Les Léopards veulent continuer sur leur lancée, avec une équipe qui a gagné en expérience et en visibilité internationale. Les deux matchs de septembre vont fixer le ton du groupe pour toute la campagne. Kinshasa s'apprête à vibrer : le 24 septembre sera le premier grand test post-Mondial à domicile. Victoire impérative pour lancer la campagne. Les Léopards du Mondial 2026 décorés le 22 septembre Les Léopards seront décorés par le Président Félix Tshisekedi le 22 septembre à Kinshasa, suite à leur participation historique au Mondial 2026. La cérémonie honorera joueurs, staff et encadrement fédéral après le rassemblement pour la CAN 2027. Sur les réseaux, les fans débattent des récompenses potentielles. L'État souhaite renforcer l'unité nationale créée par l'équipe. L'événement sera important politiquement et sportivement, à deux jours d'un match contre la Guinée Équatoriale, alors que les clubs congolais préparent les compétitions CAF. Message officiel : le Mondial marque le début d'une nouvelle étape. Rendez-vous le 22 septembre au Palais pour l'hommage de la Nation. La tragedie Miguel Masaisai À Goma comme dans le reste de la RDC, des cyclistes ont rendu hommage le 20 septembre à Miguel Masaisai, rappelant que la vie sociale résiste malgré les crises sanitaires et sécuritaires. Miguel Masaisai était un cycliste et militant pour la paix congolais de 23 ans, originaire de Goma en République démocratique du Congo, tragiquement décédé dans un accident de la route le 18 septembre 2026 alors qu'il effectuait un périple de 14 000 kilomètres pour la paix de son Goma natal à Rabat au Maroc. En 2025, il a accompli avec succès un périple de 7 000 kilomètres en autonomie, de Goma jusqu'au Cap, en Afrique du Sud. Il a entamé son périple vers le Maroc le 1er mai 2026, traversant la RDC d'est en ouest et atteignant Kinshasa le 5 août 2026, après avoir parcouru plus de 6 500 kilomètres. 6. ÉCONOMIE : RDC-Tanzanie, vers un accord bilatéral en 90 jours Les discussions RDC-Tanzanie, débutées le 18 septembre 2026 à Dar Es Salam, visent un accord commercial bilatéral sous 90 jours pour fluidifier et sécuriser le trafic des marchandises via le corridor de Dar Es Salam. La RDC souhaite sécuriser ses importations et exportations minières, tandis que la Tanzanie cherche à augmenter le transit face à la concurrence régionale. Les opérateurs de Bukavu, Uvira, Kalemie et Lubumbashi espèrent des améliorations concrètes sur les délais douaniers et les coûts portuaires. Les précédents accords étant restés lettre morte, la question est de savoir si celui-ci sera différent. Un succès serait notable pour Kinshasa ce trimestre. À suivre de près dans les 90 jours. 7. MUSIQUE : Fally Ipupa enflamme le Pullman avec XX-Delirium Experience Le 19 septembre 2026, Fally Ipupa a transformé le Pullman Grand Hôtel de Kinshasa en temple de la rumba avec son concert VIP XX-Delirium Experience. Célébration de la sortie de l'album XX-DELIRIUM annoncé à 40 titres rumba, avec mise en avant de 52 chansons rumba lors de la soirée selon les promoteurs. Show de 22h05 à 23h45 environ, en configuration VIP intimiste : 400 invités annoncés pour une billetterie premium très commentée. Fally en a profité pour glisser un mot sur la qualification historique de la RDC au Mondial 2026, faisant chanter la salle pour les Léopards. Les vidéos live au Pullman ont inondé TikTok, Facebook et Instagram dès le lendemain. Débat des fans : génie du positionnement VIP ou concert trop élitiste loin du peuple ? Dans tous les cas, Dicap la Merveille reste le roi du storytelling musical congolais en 2026. La rumba congolaise, entre heritage Papa Wemba et Afrobeats, prouve qu'elle remplit aussi bien les stades que les palaces. 8. SANTÉ : Ebola dépasse 7 000 cas, alerte Mpox au Kasaï L'info la plus grave mais la moins débattue. Au 11 septembre 2026, la RDC comptait 7 022 cas confirmés d'Ebola et 3 398 décès selon les données officielles rapportées par Reuters. L'épidémie continue de progresser, avec plus de 3 000 morts déjà début septembre. Nouvelle alerte : un cas suspect de Mpox signalé dans la zone de santé de Luebo, province du Kasaï, faisant craindre une double crise. Les équipes de riposte sont sous pression entre surveillance, vaccination et défiance communautaire. Le débat santé : pourquoi l'épidémie ne recule pas malgré les moyens annoncés ? Les ONG réclament plus de transparence sur les zones touchées et les stocks de vaccins. C'est l'urgence silencieuse de la semaine, loin des projecteurs politiques et musicaux. Elle fera inévitablement la Une sanitaire de la nouvelle semaine. Le TOP infos qui ont secoué la RDC la semaine. Ce qui pourrait La Une cette nouvelle semaine 22 septembre : décoration des Léopards par Tshisekedi - ferveur nationale garantie. 24 sept Kinshasa vs Guinée Équatoriale et 28 sept Zimbabwe vs RDC - démarrage éliminatoires CAN 2027. Après-verdict Mutamba : réactions politiques, recours annoncé, tension C64 qui surfe sur le dossier anticorruption. Fin d'interdiction au Maniema ? Maintien jusqu'au 30 septembre, toute nouvelle marche sera test. Suivi Genève-Doha et Task Force RDC-USA pour professionnaliser les FARDC après l'accord avec le Rwanda. Santé : courbe Ebola et vérification alerte Mpox à Luebo.
- Marche UDPS le 22 sept, match des Léopards au Stade des Martyrs le 24 sept et fantôme du C64 – Cocktail à haut risque à Kinshasa
Kinshasa retient son souffle. En l’espace de 48 heures, la capitale va vivre deux Congo : celui de la rue politique et celui de la ferveur footballistique. Le 16 septembre, l’UDPS/Tshisekedi, par son secrétaire général Augustin Kabuya, a appelé à de « grandes marches populaires » le mardi 22 septembre 2026 dans les 145 territoires, pour soutenir les institutions, la loi portant organisation du référendum et le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi. Augustin Kabuya de l’UDPS appelle à des marches le 22 septembre pour soutenir les institutions, la loi sur le référendum et le dialogue national Deux jours plus tard, le jeudi 24 septembre à 17h, les Léopards reçoivent la Guinée équatoriale au Stade des Martyrs pour la 1ère journée des éliminatoires, dans un stade fraîchement homologué après travaux. Entre les deux : le souvenir encore frais de la marche de la coalition d’opposition C64 du 15 septembre, qui a mal tourné. Décryptage des conséquences, et des risques d’une semaine explosive. 1. Ce qui s’est passé le 15 septembre : la marche C64 La Coalition Article 64 (C64) – Fayulu, Kabund, Sesanga, Ensemble pour la République, ECiDé, A.Ch – avait appelé à une marche nationale contre tout projet de changement de la Constitution, le jour même de la rentrée parlementaire où la proposition de loi sur le référendum est inscrite en priorité. À Kinshasa, le dispositif était massif. Deux cortèges principaux : Échangeur de Limete : rassemblement dès la matinée sous encadrement policier. Arrivée à 12h30 de Jean-Marc Kabund, rejoint par Martin Fayulu et Delly Sesanga. Cortège de plus de 5 000 personnes sur le boulevard Lumumba. Bandalungwa : militants d’Ensemble au pont Makele vers le rond-point Moulaert. Le récit, documenté par Actualité CD et Radio Okapi, est concordant : marche encadrée au départ, puis perte de contrôle vers la 15e rue, envahissement de la chaussée, détonations à hauteur de la 13e rue, puis affrontements violents aux 11e et 12e rues Limete. Des jeunes présentés comme membres de la Force du progrès, structure affiliée à l’UDPS, munis de pelles, machettes et armes blanches, ont attaqué le cortège. La police a répliqué aux gaz lacrymogènes. Panique générale, dispersion. Les trois leaders se sont éclipsés à la passerelle de la 13e rue. Fayulu, arrivé en boitillant au siège de l’ECiDé à Kasa-Vubu, a dénoncé un « guet-apens » tendu par le pouvoir. En provinces, le tableau est contrasté : marche tenue à Bandundu, rassemblements empêchés ou dispersés à Matadi, Gemena – interdite pour cause d’épidémie Ebola –, Lubumbashi avec une vingtaine d’arrestations autour du député Christian Mwando, Kananga dispersée aux gaz, pas de marche à Mbuji-Mayi et Kisangani. 2. Commentaires locaux et internationaux, premières conséquences Côté opposition : répression planifiée, droit constitutionnel de manifester violé, « guet-apens ». Delly Sesanga va plus loin : le dialogue voulu par Tshisekedi « ressemble à un soliloque ». Côté majorité : l’UDPS félicite « l’ensemble du peuple congolais » d’avoir « dit non à la manipulation » et minimise la mobilisation C64. Christophe Lutundula défend le droit de manifester mais renvoie le débat constitutionnel au dialogue. Sama Lukonde appelle à « saisir la main tendue ». Côté société civile et médias : choc des images de machettes en plein boulevard. L’ADD Congo réclame une enquête indépendante après le décès de Manassé Lomboto, cadre chargé de sécurité de Prince Epenge, qui aurait succombé à des blessures subies pendant la marche. L’accusation contre la Force du progrès n’est pas encore établie par enquête. À l’international, la couverture reste pour l’instant limitée aux médias africains et congolais de la diaspora. Pas de communiqué officiel de chancellerie à ce stade, mais les observateurs des droits humains scrutent deux points : l’usage d’auxiliaires partisans aux côtés de la police, et le bilan humain. C’est le classique signal faible avant pression diplomatique. Conséquence politique immédiate : la fracture référendum / Constitution s’est durcie. L’Assemblée nationale fait du référendum et des réformes électorales sa priorité de septembre. Le dialogue national, censé apaiser, démarre discrédité aux yeux de l’opposition qui refuse un cadre imposé. 3. Marche UDPS du 22 septembre : pourquoi c’est risqué à 48h des Léopards L’UDPS, parti au pouvoir, qui appelle à marcher comme un opposant, c’est un paradoxe qui interroge. « On ne peut pas être au pouvoir et opposant », résument déjà des commentateurs kinois. Trois risques majeurs : a) Le risque rue contre rue. Après le 15 septembre, toute marche UDPS sera lue comme une réponse-revanche à la C64, pas comme un soutien institutionnel. Le précédent des 11e-12e rues montre que la cohabitation militants UDPS / opposition + Force du progrès + police peut basculer en minutes. Marcher dans les mêmes artères – Limete, Triomphal, Palais du Peuple – c’est rejouer le match avec les rôles inversés. b) Le risque sécuritaire et logistique. Kinshasa devra sécuriser simultanément une marche nationale à forte charge politique le 22, puis 80 000 supporters au Stade des Martyrs le 24. Police, GR, FARDC seront étirées. En cas de débordement le 22 avec interpellations, gaz, routes barricadées, la fatigue sécuritaire pèsera sur le dispositif du match. Inversement, instrumentaliser la ferveur des Léopards – drapeaux, chants, stade plein – à des fins politiques serait explosif pour l’image du football congolais. c) Le risque institutionnel et économique. Politiquement : si la marche UDPS dérape, le dialogue national et la loi référendaire perdront le peu de neutralité qui leur reste. Économiquement : Kinshasa paralysée deux fois en neuf jours – commerces fermés, taxis à l’arrêt, écoles perturbées comme à Lubumbashi le 15 – c’est un coût social que la capitale ne peut pas absorber, sur fond d’Ebola à l’Est et de vie chère. 4. Notre analyse : dissocier la fête du combat Le pouvoir a le droit de mobiliser. L’opposition a le droit de manifester. Mais superposer calendrier partisan et calendrier sportif dans une ville aussi inflammable que Kinshasa, une semaine après des affrontements à la machette et un décès suspect, c’est prendre un risque inutile. La sagesse commanderait un garde-fou : une trêve symbolique autour des Léopards : laisser la semaine du 21au 28 septembre au football, sans banderoles référendum, sans récupération. Le seul consensus qui unit encore Limete et Gombe, c’est le but des Léopards. Le 15 septembre a montré que Kinshasa peut basculer pour un slogan de trop. Le 22-24 septembre dira si les acteurs ont appris – ou s’ils préfèrent la démonstration de force à la démonstration de responsabilité. Marche UDPS le 22 sept choc des Léopards au Martyrs le 24 sept Cocktail à risque.











